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Instantanés (tranche de vie, billet d'humeur, etc.) - Nouvelle

Moscou, printemps 2003...

 

L’hiver a laissé derrière lui son lot de misères : familles sans logement, chômeurs sans aide, adolescents sans famille, personnes âgées sans ressource.

 

Elle rêve. Pas de grandes choses non. Elle rêve de petits riens. Marcher dans la rue, sentir le froid et les fumées de l’hiver. Elle adore ça. Elle adore tout. Elle a découvert les saisons. L’été a succédé au printemps sans qu’il ne se passe rien, en un clin d’œil et en une éternité à la fois. Sans qu’elle ne le sente, sans qu’elle ne le vive.

 

Gendarmerie de Rougeneuc le 8 décembre 2011 à10h
Déclaration de Pernelle Babon, mère de Marina.

À un angle de rues, je tombe en arrêt devant ce qui ressemble à un bistrot. C’est une vieille baraque de guingois, en planches disjointes, noires et abimées, sans aucun entretien. Les trois marches branlantes qui permettent d’y accéder s’enfoncent dans le sable et menacent de céder à tout instant.

Il est 17 heures, heure locale. Nous avons traversé l’Atlantique sans même nous en apercevoir. Pas la moindre turbulence n’est venue angoisser cette réjouissance optimiste que nous affichons. Le survol au ralenti de la forêt qui s’étend à perte de vue et cerne l’aéroport est un instant unique, majestueux qui donne toute sa signification à l’expression « tapis de verdure ».

Sonné, assommé, je déambulais, filigrane parmi des spectres fuyants et insaisissables.

Pourquoi, comment, quand, qui ? Autant de questions sans réponses, et de réponses sans questions, à ruminer.

Toujours désireuse de nous apprendre la morale par l’exemple, maman nous avait un jour raconté cette histoire qui s’était déroulée il y a longtemps au sein d’une famille plutôt modeste.