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Une musique Roberto Fonseca : Combo Arabe, un tableau de VK : Eye of the Needle by Vladimir Kush

    Abdel et Joseph sont amis depuis toujours. Depuis si longtemps que le début s’est perdu dans les brumes de l’enfance. Ils sont du même village. L’un allait à l’école coranique, l’autre à l’école juive. L’un suivant son père à la mosquée, l’autre à la synagogue.
   Comment ont-ils pu se retrouver alors ?
   Alors, tout simplement comme font tous les enfants…

   Les enfants sont des maîtres de vie, avant que les adultes n’en viennent démolir l’harmonie. Ce sont des sources pures traversées par la même lumière. Elles ont le même chant, et tous les oiseaux du monde viennent y boire…
   En ont-ils joué des jours et des jours sur cette place du village et dans leurs escapades en dehors. Tous les chemins s’en souviennent encore des deux gamins ivres de jeux et de soleil… C’était plus que le bonheur, le vrai goût de la vie…
   Les rires, le soleil, les courses, les bêtises partagées, ça crée des liens indestructibles.
   Ils sont devenus frères, à la vie, à la mort.

   Et le temps a passé… 
   Aujourd’hui, se sont de vieux messieurs, toujours de connivences, toujours frères… Oh ! Le monde a bien essayé de les séparer, en vain. Un frère, c’est un frère…

   En cet instant, assis à l’ombre d’un arbre, sur la place publique, la conversation en est venue au sujet de la vie, la mort, la vie après la mort… Il faut bien préparer ses bagages avant le grand voyage…

Tu sais, Abdel, ce qu’un prophète de chez nous a dit ?

Non, mais tu vas me le dire…

C’est à propos du paradis. Il a dit : « Il est plus aisé pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille, que pour un riche d’entrer dans le royaume de Dieu « … Tu t’imagines ? Comment veux-tu qu’un chameau puisse passer par le trou d’une aiguille ? C’est fichu. Personne n’ira au paradis… Et moi qui viens juste d’augmenter un peu mes économies…

Mais Joseph, bien sûr que non. Ton prophète, il n’a juste pas donné de renseignements sur la grandeur de l’aiguille !... C’est tout. Imagine : Allah est forcément démesurément immense. On ne peut même pas l’imaginer d’ailleurs. C’est pour ça qu’on ne le voit jamais. Souviens-toi, à l’école on a appris que dans l’univers il y a des milliards de milliards de galaxies qui contiennent chacune des milliards d’étoiles et donc encore plus de planètes. La nôtre est minuscule par rapport à notre soleil. Et le soleil lui-même est une petite étoile. Nous sommes, nous-mêmes, quelques poussières insignifiantes… Mais Allah qui a créé tout çà, il est encore plus grand, alors comment crois-tu que sont ses aiguilles ?... Toutes les caravanes des chameaux de la terre peuvent passer à travers sans problème et leurs riches propriétaires avec, évidemment ! Tu ne vois pas cette longue, longue file que le peintre Vladimir Kush a représentée au son de la musique de Roberto Fonseca ?... On les entend d’ici…
   
Gros éclats de rire… Les deux comparses s’en tiennent les côtes…

Ah, Abdel, tu me rassures. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi, mon frère !...

 

Illustration: 

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Commentaires

yep.yep
la caravane passe

 

      Un peu d'optimisme par ces temps de grand trouble.Toujours garder espoir.

 

     Les adultes devraient toujours conserver leur âme d'enfant.

plume bernache
Dommage

Quel dommage que les deux gamins de cette belle histoire ne soient pas Ismail Haniyeh et Benjamin Netanyahou !

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