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Tu n’es qu’un visage esquissé à moitié. Tu n’es qu’une main émergeant d’un drapé.

Et pourtant tu existes ! N’es-tu que cette ombre qui passe sans identité ?

Je prolonge les traits initiés pour ébaucher ton corps entier.

Peu à peu la mine s’aguerrit et court. Un œil, un nez, une bouche, des pommettes !

Le drap se gonfle sur ta poitrine s’arrondit sur tes hanches et pointe sur tes pieds.

Ton bras s’étire et pose ta main sur ton ventre.

Maintenant je te vois allongée, nue sous l’étoffe froissée.

Tu es belle alanguie sur le lit.

Les yeux ouverts tranquillement tu rêves.

Ton regard s’accroche au ciel et te hisse jusqu’aux étoiles.

Sereine tu t’es assise au bord d’un trou noir.

Tu contemples le vide, tu t’imprègnes du silence de l’espace.

Tu es calme.

Alors tu sens ton être se morceler !

Il s’échappe en une myriade de points lumineux.

Tu n’as pas peur, tu te dissous en douceur.

Une nébuleuse naît tandis que sur terre s’efface ton portrait.

Mon imagination te maintenait en vie, mais contre ta volonté je n’ai pu te retenir.

Impuissant j’assiste à ton évaporation. Tes traits s’envolent sous une main invisible.

Et moi je suis là, indécis devant la toile blanche.

Illustration: 

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Commentaires

olala
Corps entier (exposition Biron)

Ouah ! du pouvoir de l'imagination... infini à n'en pas douter ! Bravo. Je n'aurais su en faire autant face à deux tableaux aussi énigmatiques, sibyllins. Je me serais cantonnée à ??????

"Tu n'es qu'un visage esquissé à moitié. Tu n'es qu'une main émergée d'un drapé" Réel en y regardant bien. Merci en tout cas de nous avoir offert ce texte tout en douce retenue et progressive "révélation". Un texte poétique et imagé qu'on a du plaisir à lire.

Bien aimé entre autre : Nue sous l'étoffe froissée. Tu es belle alanguie sur le lit. Ton regard s'accroche au ciel et te hisse jusqu'aux étoiles. Une nébuleuse naît tandis que sur terre s'efface ton portrait...

luluberlu
Portrait de luluberlu
Le moins que l’on puisse

Le moins que l’on puisse dire… est que ce n’est pas nébuleux. J’avoue, manque d’attention sans doute, n’avoir rien perçu. Merci pour ce rêve cosmique.

 

Juste un béééé mol : Je prolonge les traits initiés pour ébaucher ton corps entier. Entier me semble inutile.

plume bernache
parfaite harmonie

 

En parfaite harmonie avec le tableau.

Quelle douceur dans les lignes du peintre, dans tes mots et dans la métaphore ! Et l'émotion à fleur de peau.

Bravo !

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