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plume bernache
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Lola Lafon : Chavirer

 

« Cléo quittait l’enfance sans à coups. Les jours la traversaient, lents et opaques. »

Issue d’un milieu très modeste, elle rêve de devenir danseuse professionnelle. Une rencontre opportune lui fait miroiter une dotation de la fondation « Galatée » qui lui permettra d’accomplir son rêve… Prise dans l’engrenage d’un réseau de recrutement d’adolescentes elle doit faire preuve de son « adaptabilité ». C’est à dire tout accepter des entraîneurs, même l’inacceptable. Elle essaie de faire entendre sa détresse à ses proches, aucun adulte ne veut l’entendre. Après tout elle est danseuse, c’est ce qu’elle voulait.

Finalement, incapable de s’insurger, incapable aussi de lâcher cette vie de « luxe » paillettes et projecteurs, elle devient elle-même complice de ces prédateurs. Honte et culpabilité la rongeront tout au long de sa vie.

 

Ce roman démonte avec justesse le mécanisme de l’emprise sur une adolescente vulnérable. Puis l’impact sur ses proches, famille, amis. Les évocations de ceux qui l’ont côtoyée, aimée, déçue ou rejetée. Le déni. Les conséquences sur sa vie d’adulte mère de famille.

Une étude psychologique très bien documentée.

Le monde de la danse, côté scène, paillettes sourires grâce et côté coulisses, douleur fatigue oppression des directeurs de danse. Portrait d’une habilleuse particulièrement attachant.

Par tous ces aspects, c’est un roman intéressant et émouvant, malgré le sujet plutôt scabreux. Traité sans pathos ni voyeurisme. Même tiré de faits réels, ce n’est pas un règlement de comptes public comme d’autres récits sur ce thème des abus, du consentement, etc.

 

 

 

 

 

 

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