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À pas lents et réguliers il avançait sur le chemin de halage. Tranquille, serein. C’était le début de l’été. Sur le bas-côté les herbes hautes abritaient des troupes d’insectes bruissants et actifs.

  Le vieil homme laissait ses jambes à la manœuvre. Il leur abandonnait la gestion de son corps en son entier. En toute confiance. Prenant possession des lieux, de l’air du temps, elles ne l’avaient jamais trahi. Toujours elles l’avaient transporté quelque part. Ailleurs. Il ne leur demandait rien d’autre.

  Ainsi pendant ce trajet son esprit avait toute liberté de vagabonder. Laissant affleurer les souvenirs les mieux enfouis au fond de son être. Comme si le choc de chaque pas sur le sol agitait son âme avec force et dégageait les moindres réminiscences ; des bulles remontant dans une bouteille de champagne secouée. Ce jour-là elles tournoyaient follement, joyeuses comme une fugue de chevaux sauvages, crinière primesautière dans le vent.

 

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