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DERNIÈRE CONTRIBUTION
plume bernache
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Jon Kalman Stefansson : D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds

 

À travers trois générations, le portrait d’une Islande âpre et nostalgique, en cours de mutation, se dessine.

 

Un certain désenchantement devant les mutations de la société. Jon Kalman Stefansson évoque le monde de la finance, la cupidité, le matérialisme. L’activité de la pêche « naufragée » à cause des quotas de pêche imposés par les accords commerciaux, l’exploitation du minerai par les américains ( ?) qui défigure le paysage et malmène les populations. C’est un monde sauvage et naturel qui peu à peu disparaît. Les hommes aussi changent, obligés de s’adapter. Jon Kalman raconte cela avec ses mots, sa sensibilité extrême et sa poésie.

 

« une plage de sable accueillante en forme de croissant de lune, tel un soupir poussé par l’océan »

 

« Les touffes d’herbe sont tels des chiens endormis, elles sont la pensée de ce pays, le silence auquel nous aspirons. Les mottes d’herbe sont l’Islande »

 

« nous tirons bien vite les rideaux aux fenêtres tant il est douloureux d’avoir sous les yeux un océan qui regorge de poisson, sachant qu’on a l’interdiction de le pêcher, de même qu’il est douloureux de posséder une usine de traitement et de congélation sans rien avoir à traiter ni à congeler. »

 

« les souvenirs sont des gros blocs de pierre que je traîne »

 

« l’homme est un phénomène éphémère, notre vie se résume à un chant d’oiseau, au cri de douleur d’un goéland, avant de sombrer dans le silence »

 

 L'auteur allume plusieurs sujets de réflexion sur la fuite du temps, le sentiment de culpabilité, le viol, le consentement, les occasions manquées, les paradoxes de la religion, la dualité du chasseur et de sa proie etc.

 

(magnifique passage p 78)

« Vaut-il mieux tuer des perdrix ou les regarder s’envoler, aussi immaculées que la beauté , la nature profonde du chasseur opposée aux aspirations de l’esthète, faut-il s’étonner que l’être humain soit à ce point contradictoire, sachant que nous ignorons précisément, voire entièrement qui nous sommes , pas plus que nous ne savons comment nous voulons être, sommes-nous ce coup de fusil ou cet espoir limpide qui prend son envol – à moins que nous ne soyons les deux à la fois le chasseur et la proie ?

« ce qui n’advient jamais ne devient jamais rien, et ce rien ne saurait pas même périr »

 

Il faut prendre son temps pour savourer ce livre. Bien que les dates soient indiquées au début de chaque chapitre, on pourrait s’y perdre car l’auteur fait le va et vient entre les époques, mais ce n’est pas bien grave. Reste le style et cette atmosphère un peu mélancolique (le sujet, très actuel, s’y prête) que l’on ne trouve pas dans ses autres ouvrages.

 

 

 

luluberlu
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Le seul roman de JKS qui

Le seul roman de JKS qui m'ait un peu déçu (un peu). Je suis passé à côté. À relire donc après ce commentaire... Les autres sont un véritable enchantement.

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