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Luluberlu

— Ce soir, c’est pâtes ! on va pestoyer !

— On dit festoyer…

Il sourit, d’un sourire de souk, comme s’il se préparait à me vendre un tapis :

— Sûr : j’ai fait un festo avec de l’huile d’olive, des pignons, du basilic, de l’ail et du jus de citron, sel, poivre et parmesan. Tu vas aimer !

— Et ?

— Pestoyer me semble plus approprié. À table !  

— Je suis faite aux pâtes, inutile de tourner en rond j’ai pas la dalle en berne. Pas d’arbitraire pour les pâtes. Quand le cyclope dit « à table », inutile de dériver, même partiellement... Tu sais, quand tu souris tu es beau comme une Golf GTI !

 

Plume

On y va donc ? Manger des pâtes ? Au pesto ? Tu veux dire au resto peut-être. En berne pour l’instant.  Il va bien rallumer les Lumières avant la fin du siècle ?  Moi j’arrive ; avec ou sans le Rond, en cycle ou pedibus… Je virerai à la corde sans perdre l’équilibre. En vibrant, c’est mon principe ! Je suis dynamique et j’ai le corps solide.

 

Olala

COVID 19, restos fermés mais… un festin qui se profile à l'horizon 2021. Ni « Le festin de Pierre » ni « Le festin de Babette ». Non. Aussi simple qu’extravagant, ce sera un festin de pâtes.
Des pâtes, des pâtes, encore des pâtes et pas que des Panzanni, des pâtes au beurre, pâtes au jambon, pathogènes, pataugas, pataugeons, pataugeons...!!
Oups ! Attention danger. Une pattemouille ! Glissade assurée ! Et... une patte c'est vite cassé !!
 

Yep.yep

Questi Francesi ci stupiranno sempre!

Ils n’ont pas d’idée précise sur ce qu’ils veulent sauf quand il s’agit de semer le trouble dans l’esprit d’un simple petit « restauratore » comme moi.

Établi à Naples depuis plus de trente ans, je n’avais jamais vécu pareille aventure. « Voir Naples et mourir » paraît-il, c’est vrai, la beauté de notre baie en est la preuve vivante. Plus extravagantes encore sont les exigences sans limites de ces prétendus gastronomes ; comment vais-je faire pour me tirer de ce mauvais pas ?

Luluberlu

Ce matin je me suis réveillé à Naples. La veille à Paris, préparant un pesto ; aujourd’hui ici, dans ce « ristorante »… depuis plus de trente ans… Glissade assurée. Pas de côté, ou mauvais pas ? Rêve étrange en tout cas. ; jamais je n’avais vécu une telle aventure. Délire de Covid peut-être ? Paris je n’y jamais mis les pieds ! Nonna, oui, elle y a vécu. Mais moi, non ! Je ne sais comment cela s’est produit.

Silence avant l’afflux des touristes. Lentement, ma main se coule sur ma nuque ; je bée… mais quoi de plus normal, à Naples ? Tiens ! il va pleuvoir. Nonna disait toujours : « Canta il tordo, la pioggia sta arrivando; ruba il corvo, non ci sarà il sole.*  »…

Ça y est, il pleut. Doucement, l’ondée tambourine sur les vitres ; le restaurant gainé dans une bulle de tristesse, c’est comme s’il existait une frontière entre l’exubérance du jardin et les tons plombés qui l’entourent. Quelques gouttes impatientes s’assemblent, puis crèvent en longs ruissellements faisant onduler le paysage en mélangeant les couleurs qui, l’instant d’après, se diluent et meurent en longs fragments diffus. Et, rythmé par la pluie, me revient comme un leitmotiv cette phrase : « Questi Francesi ci stupiranno sempre! ».

* Chante la grive, la pluie arrive ; vole le corbeau, il ne va pas faire beau

Olala

Bercé par le chant de la pluie sur les vitres et, comme anesthésié par la fatigue et le silence ambiant, je ferme les yeux un instant. Quand je les rouvre, Nonna... Nonna ? non je ne rêve pas. Nonna se tient bien dans l'embrasure de la porte, délicate et frêle, les cheveux tout emperlés de gouttelettes. Dieu qu'elle est belle, je songe en la voyant. Jamais, non jamais Non'a été aussi touchante dans sa fragilité et sa vulnérabilté. Elle semble inquiète et ses yeux paraissent chercher quelque chose ou quelqu'un dans la quasi pénombre du restaurant. Lorsqu'ils se posent enfin sur moi un sourire illumine et adoucit son visage.

Poussant doucement la porte elle s'avance et fait quelques pas dans ma direction, sylphide gracile et tellement gracieuse, et puis... Un cri soudain. L'angoisse m'étreint. Je scrute la porte, cherche à apercevoir Nonna. En vain.

Luluberlu

Je regarde dehors, mais ne vois rien d’autre que mon propre reflet tremblé, tache un peu grise que les gouttes brouillent à loisir, immobile, à attendre et écouter simplement le temps qui bat lentement dans ma tête comme une réminiscence des vents et des tourmentes… Écouter, éviter que les battements du cœur et la pulsation du sang dans les oreilles ne recouvrent tout…

Les dernières lueurs du jour s’invitent dans la salle, filets obliques échoués sur les tables. J’entends la caresse du vent et la porte qui bat, les craquements et crépitements de la pluie sur les vitres et le toit. Rêve étrange ; et je demeure là à contempler, comme en apesanteur, un être que je n’ai pas vu depuis longtemps et dont je constate qu’il a vieilli… et l’enfant qui sommeille en moi se demande comment il a pu en arriver là.

Dans la vie, il arrive un moment où l’on regarde devant soi et où l’on ne voit que ce qu’on a laissé derrière. Peut-être est-ce juste du temps déposé en couches épaisses. Une dérive… Un glissement du temps ce miroir déformant. Enfermé dans nos reflets ; dans mon reflet. Aussi. Philosophe, il se fit la réflexion que seule la rencontre d’un climat et d’une nature aussi somptueuse, portée par une terre pauvre, pouvait être à l’origine d’un tempérament si particulier…

Nonna…

Après la pluie, la  tristesse se vida lentement, très lentement.

 

Plume

Sur les vitres en séchant, les coulures de pluie dessinent d’étranges hiéroglyphes de silice ou de cendre, sublimées par le soleil couchant.

Ceux qui savent lire avec leur cœur, comme le Petit Prince de Saint-Ex, y voient des messages secrets, d’amour ou d’amitié, de rancœur ou de haine, des appels muets et pourtant si parlants envoyés de l’espace éthéré. De l’espace ou du temps. Temps passé ou temps à venir.

Les plus clairvoyants y reconnaissent des visages perdus depuis longtemps. Retrouvés juste l’espace d’un instant. Nonna, chère Nonna. Toi, de l’autre rive, m’auras-tu reconnu ? M’aimes-tu encore malgré mes cheveux blancs ?

Un courant d’air bouscule le vantail de la fenêtre qui s’entrouvre. Je suis confronté à mon reflet trois quarts profil. Finalement je ne suis pas si vieux. Et pas moche du tout. Belle tronche napolitaine… En penchant la tête très légèrement vers mon épaule gauche, je me trouve même un petit air de Léonardo Di Caprio. D’ailleurs il devrait se décolorer les cheveux en blanc : ça lui donnerait beaucoup plus de charme. Et les femmes aiment ça. Mais oui parfaitement !

Claquement de la fenêtre. Mon reflet évanoui.

Je sors du ristorante et vais marcher sur la plage presque déserte à peine éclairée par la lune montante. Les effluves iodées de la mer mêlées à l’haleine soufrée du Vesuvio me font un peu tourner la tête.

Je n’ai pas fait dix pas quand soudain derrière moi :

« Buona sera Amore mio… ».

Luluberlu

J’ai fait le vide et pris le temps de compter sans penser à rien d’autre que la petite chanson de l’eau piquée de cris d’oiseaux. Et c’était comme un vol qui change soudain de direction, sans qu’on sache qui en prend la tête, ni comment il passe le message aux autres. Nonna disait : « Nous sommes faits de la même étoffe que les rêves ».

Lentement, je me suis retourné :

« Buona sera Amore mio… ».

Elle me fait face et sourit ; un de ses sourires qui vous émeut au point de vous faire tressaillir des pieds à la tête, de vous faire entrouvrir une porte vers une nouvelle grande aventure à laquelle vous aviez définitivement cessé de croire, vers des espérances de rires, de couleurs, de caresses et de douceurs.

olala

« Buona sera Amore mio… »

Cette voix, ta voix, oui c’est bien toi Nonna qui me fait face et souris. Comment oublier ce regard si plein de douceur et de tendresse. Et puis ce minuscule grain de beauté au coin de l’œil que j’aimais tant et que j’embrassais encore et encore, tu te souviens ? Tu riais, nous riions ensemble. Tu, non, attends, ne pars pas. Laisse au moins à mes douces espérances le temps d’exister un peu et à moi celui de te contempler, de me souvenir… Tiens, rappelle-toi comme tu me taquinais et te moquais de mon goût quasi irraisonné pour les pâtes ! tu disais… comment disais-tu déjà ? Oui voilà tu appelais cela ma « pastipestomanie » !!! Et moi je, non attends, reste encore un peu. Je, non, s’il te plaît, Nonn'attends, ne pars pas, ne m’abandonne pas encore une fois.

Je crie et m'époumone en vain.

 

Plume

 

Encore une fois la diablesse a disparu. Évaporée. Là sur cette plage déserte où déjà la nuit avale les formes. Je ne vois rien ni personne. Seule la mer diffuse une clarté. Le reflet de la lune démultiplié par les vagues nerveuses constelle sa surface d’étoiles palpitantes.  

Des reflets. Nonna va-t-elle apparaître à nouveau ? Si c’était le signal ? J’entends ses appels portés par le balancement de la houle : « Amore mio vieni  vieni…amore mio vieni vieni… » J’essaie de la rejoindre mais un vertige m’allonge sur le sable. Je me laisse bercer par l’envoûtante mélopée « Amore mio vieni vieni… » Je ferme les yeux et je rêve. Sommes-nous faits de l’étoffe de nos rêves ?

« Voir Naples et mourir » répétait avec conviction ce petit restauratore. Yop Yop ? Pey pey ? Comment s’appelait-il déjà ? Ah oui, Yep Yep ! Quand je lui avais dit que j’étais français et que je voulais des pâtes au pesto, il avait fait la moue, secoué la tête et prétendu que c’était beaucoup trop ordinaire pour moi, tout pastipestomane que je fus. Il avait foncé dans sa cuisine et m’avait concocté une de ses spécialités : une « pizza ai funghi ». Je ne sais pourquoi il l’avait nommée — toutes les pizzas sont baptisées, vous avez remarqué ? – « Mescalina » et avec un drôle de petit sourire, il avait ajouté :

« Questo lo ricorderai * ! »

*celle-là, vous vous en souviendrez

Luluberlu

« Vous allez aimer ! », dit-il en m’allongeant sur le sable. Puis il ajoute en s’éloignant :

« Ce sera comme il plaît au sort. »

Euphorique, je me moule dans le sable ; dans ma tête les étoiles s’allument comme des torches péruviennes, palpitent en vert et bleu, accompagnées de l’envoûtante mélopée « Amore mio vieni vieni… » qui s’éteint brutalement pour laisser place à ce gémissement venu du fond des âges :

« Yeeep ! Yeeep  Yeeep ! Yeeep ! »

Gueule entrouverte, deux rangées de dents fines et coniques enserrant une « pizza ai funghi », un « pestodactyle » aux relents d’huile d’olive et d’ail me frôle ; un germanodactylus le suit en criaillant son chant d’amour :

« Verfluchtes Französisch, Verfluchtes Französisch ! »

Yep.yep

 

« Putain (s) de Français », je me laisse à penser comme vous quelquefois, mais je n’aurais jamais osé. J’ai trop de respect pour ma clientèle. Ces foutus doryphores n’ont toujours pas digéré le retour au bercail de l’Alsace et la Lorraine. Que puis-je dans cette histoire ; le modeste napolitain que je suis n’y est pour rien.

Mon souci ! Faire prospérer mon « ristorante ». Le romantisme ? Pas dans mes moyens. Roucoulades au clair de lune, notre plage en est témoin tous les jours. Des apparitions de « Nona » puis leur évanescence dans le rideau de brume, lot journalier de qui prend le temps d’observer la vie.
La « pizza ai funghi » allait refroidir avec tout ça.

« Je connais, ça n’ira pas bien loin cette histoire, elle vous promène la belle signorina. Je peux me permettre un conseil ? Misez plutôt sur la nourriture terrestre. Vous savez, les sentiments mal contenus mènent à la catastrophe. Une bonne pizza, elle, ne vous décevra jamais. »

Et puis enfin j’ai besoin de faire tourner ma « boutique » pensais-je ; je suis « restoratore », pas conseiller conjugal.

« Asseyez-vous, mettez le carton sur vos genoux et prenez enfin du plaisir tranquillement à déguster cette pizza. Quant à moi, je dois vous laisser le devoir m’appelle. »

Comme je retournais vers mon « ristorante » en longeant le rivage, j’aperçus dans le lointain une silhouette qui cheminait à pas hésitants. Luigi le serveur du « ristorante » m’avait rejoint. La silhouette devenait de plus en plus perceptible. Sa démarche chaloupée était celle d’une femme dans un grand état de fatigue.

« Sûrement une femme saoule et en plus, probablement désargentée », conclut Luigi. « Quelle misère » ajouta-t-il.

« Luigi s’il te plaît pas de conclusion trop hâtive », lui répondis-je.

Cette jeune femme s’approcha de nous. Elle était belle malgré le désarroi qui l’étreignait.

« je suis Nona », me dit-elle déclinant son identité.

 

Je compris qu’elle était à la recherche de l’homme à la pizza. Je l’invitais donc à le rejoindre… Peut-être avait-il gardé une part pour sa belle ? Célébrer des retrouvailles autour d’une de mes pizzas emplissait en toute modestie mon âme d’une joie indéfinissable.

La nuit tombait sur la baie de Naples, les lumières de la ville reflétaient la vie sur une mer apaisée. Le bonheur était peut-être de nouveau au rendez-vous. Mais soudain…

 

olala

Un nuage de fumée, devant lui, au bout de la plage, brouillant la nuit naissante et les lumières de la ville.

Oubliée la jeune femme, oubliée la célébration des retrouvailles autour d’une pizza, serait-elle même « pizza ai funghi » !

Le cœur battant et cognant dans sa poitrine, « des criquets dans le ventre ! », notre restoratore court, court à perdre haleine.

Au même moment, à quelques mètres de là, il est un autre cœur qui bat très vite et s’emballe, mais… pour une autre raison. Lui, c’est pour la belle Nonna qu’il bat si fort. Nonnamore suo, il suo amore troppo bello e inaccessibile. Absente et pourtant si réellement présente, si délicieusement, si cruellement, si douloureusement présente.

Allongé sur le sable tiède, des étoiles plein la tête, délaissant les « pestodactyle » et « germanodactylus » il lui parle doucement : - Nonna,

« Toi que j’aime, et qui m’aimes et qui n’es, chaque fois, ni tout à fait la même ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend », Nonna, reviens-moi et m’aime encore un peu. J’entends toujours ta voix « lointaine, et calme, et grave, elle a l’inflexion des voix chères qui se sont tues »… Dis où es-tu ? En Amazonie, en Islande, au bout du monde, là-haut ? J’irai te chercher s’il le faut.

Luluberlu

Sur la promenade, celle qui longe la plage, se trouve une cabine téléphonique blanche. À l’intérieur, un téléphone en bakélite ; posé à droite, un annuaire. Seuls y figurent deux numéros, un pour Nonna, l’autre pour Nona. Le téléphone n’est relié à rien. À gauche une photo, floue. Deux silhouettes. Un reflet ? Nul ne sait qui est qui tant ils se ressemblent : le pizzaiolo napolitain, le Französisch ? Au dos, calligraphié d’une main malhabile, une bribe d’un poème signé A.Nonyme  :

À la fin du voyage
L’horizon devient flou
Et n’est plus que mirage :
Le ciel était en nous.

 

Au bord de quel rivage
Bordé de quelle écume
  Allons-nous accoster ?...

 

Olala

Tu es sûr Lulu ? Notre gentil pizzaiolo, un Französisch « maquillé » ? Pas plus napolitain que toi et moi ? Mais alors ? Pourquoi, quand, comment ? Et puis Nonna, Nona ? Confusion ou pas ? Autant de questions sans réponses et une histoire qui prend des allures d’enquête policière… On ne sait décidément pas où on va ! « Au bord de quel rivage, bordé de quelle écume, allons-nous accoster ?... »

Dis ? Le sais-tu ?

 

Plume

 

 Ni en Islande ni en Amazonie. Je suis là amore mio et tu ne me vois pas. Depuis si longtemps tu me cherches et je te poursuis. Je te capte, fugace ici ou là, tu as déjà filé. À ma recherche. Dans les reflets trompeurs et les ombres changeantes. Ce soir j’ai cru te voir allongé sur le rivage, caressé par l’écume, mais voilà que tout se brouille à nouveau. « L’horizon devient flou et n’est plus que mirage » et moi tu me rends folle.

J’erre comme âme en peine depuis la catastrophe. Cette pizza ai funghi cuite sur lave brûlante, que nous partagions pour célébrer nos épousailles, dis, t’en souviens-tu, amore mio ? Au pied du volcan il y a plus de deux mille ans… nous ne l’avons jamais consommée. La nuée dans son ardeur fatale nous a ensevelis pour des siècles et des siècles. Certes nos âmes nous survivent, mais pour déguster enfin cette pizza sublime de Luigi chez YepYep, il faut aussi un corps… Plus chanceux que moi, tu en as trouvé un, pas trop vilain ma foi. J’ai eu peine à te reconnaître. Mais je sais lire dans les âmes et la tienne n’a pas changé.

Pour ma part, j’ai du mal à me réincarner. Déjà fait plusieurs tentatives. « Ni tout à fait la même ni tout à fait une autre » tantôt avec deux « n » tantôt avec un seul, j’ai failli réussir. Hélas ma silhouette gracile et trop légère pour une âme trop dense, au moindre coup de vent, pfttt… la voilà envolée dispersée dans la brume de mer tout au bout de la plage.

 

Mais si l’on doit m’écrire je préfère Nona : n’étant même pas mère, je ne suis point grand-mère (nonna en italien)

 

Luluberlu

Tiens ! À peine affecté, on parle de moi. Je me présente : « Lulu », surnommé par mes hommes « La Berlue » ou, parfois, le « Confusius de la confusion », commissaire dit visionnaire. C’est à moi que l’on confie les enquêtes sur les apparitions, disparitions, réincarnations et autres bizarreries plus ou moins hallucinogènes parce que j’ai toujours su que les histoires vraisemblables ne méritent pas d’être racontées. Jamais je ne me précipite. Nonna, toujours aussi sage, disait : « l’immobilité est le rêve secret de la lumière (*JK S)». Je tiens en particulier à l’œil un pizzaiolo napolitain spécialisé dans la « pizza ai funghi », deux Nona (ou une Nona et une Nonna, je ne sais tant « l’horizon devient flou et n’est plus que mirage »), un Französisch et une parque ayant pour nom Google.

 

Yep.yep

Ho la la Luigi mon ami, mon frère s’il te plaît peux-tu me dire qui est donc l’hurluberlu dont tout le monde parle en ce moment. Homme à l’humeur virevoltante, censeur incorruptible, amoureux inconditionnel des belles lettres, sensible à la musique des mots et devant l’éternel, grand amateur de..... sardines à l’huile.

Ce personnage hors du commun est parfois accompagné d’une bernache, nonette à la plume alerte et voyageuse, d’une salicorne anonyme et de bien d’autres personnages pas toujours très recommandables.

Cet homme aux multiples facettes prétend bien connaître Nona, rescapée des cendres d’Herculanum, errant comme une âme en peine en compagnie de parques, ses sœurs d’infortune et parfois malfaisantes : Lachésie, fille aînée d’un inventeur de cimetières, et Atropos qui déverse dans nos yeux ses miasmes dilatateurs. De plus, ces déesses infernales jouent, paraît-il, à couper les fils de la vie des hommes.

Luigi, je te prie d’intercéder sans minute perdre auprès de cet homme afin de contenir ces troubles. Que la vie retrouve dans la baie quiétude et douceur d’avant.

Décidément par les temps qui courent on ne sait toujours pas où l’on va...

 

 

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Commentaires

plume bernache
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Nona

 

Nonna est la traduction de grand- mère en italien.

Nona est le nom de la parque, déesse présidant à la destinée des humains

Merci Google…

luluberlu
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Je me demande s'il n'y a pas

Je me demande s'il n'y a pas confusion entre Nonna et Nona ?

plume bernache
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miroir déformant

 

 Ce qu'il y a de bien avec un miroir déformant, c'est que si l'on parvient à trouver la bonne distance et  le bon angle, on finit par se trouver beau!

C'est une idée exprimée par Raymond Devos dans le sketch du gars qui se mire dans ses chaussures cirées...

luluberlu
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Ben voilà ! Non'olala n’est

Ben voilà ! Non'olala n’est plus anesthésiée… elle a trouvé la porte wink pour mettre son texte direct cool (suffisait de mettre les lunettes).yes

luluberlu
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Citation : « comment vais-je

Citation : « comment vais-je faire pour me tirer de ce mauvais pas ? »

Yep.yep en mode facétieux ! « Questi Francesi ci stupiranno sempre! »

olala
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On ne sait pas où on va mais on y va

Epâtonnamment épâtant je dirais même !!

Pensez. Un pestin de fâtes... euh un pes, un festin de pâtes fanzanni, de pâtes panzanni, je vais y arriver ! Bouh ! voilà que je dyslexique grave maintenant. Contagieux ? Contagieux comme... ? Et qui pis est, voilà que l'on jette le trouble dans l'esprit d'un gentil "restauratore". Où va t-on ? je vous le demande !!!crying

plume bernache
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    C'est épâtant !

 

  C'est épâtant !

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