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Variations sur Haydn : symphonie 49 - La passion - adagio - Pour écouter cliquer ICI

 

Il faisait si beau ce jour-là…

Elle était allongée sur le « relax » à l’ombre du lilas dans cet indicible parfum… Quelques oiseaux jouaient dans les branches, tout près. On entendait le frou-frou de leurs ailes. Petites vies menues insouciantes et joyeuses.

Plus loin, sa majesté le cerisier n’était qu’un immense bouquet offrant, par instant, sa bénédiction immaculée contre un ciel insolent de bleu.

 

C’est alors que, dans cet Eden, l’adagio de la symphonie n° 49 d’Haydn s’invita.

 

Un cri dans l’abîme. Un cri qui se tait, ne reste que l’abîme. L’abîme lancinant, cet espace infini, ce confinement qui étouffe lentement, inexorablement… L’abîme est la seule peau qui reste à celui qui est face à l’absence immuable. Le bleu du ciel a pris des nuances légères un peu grises, un peu vertes. Le cri retentit de nouveau tout au fond de l’abîme. C’est le cri d’un silence qui ne tarira pas. Plus jamais, plus jamais…

La naissance et la mort intimement mêlées.

C’est le soi confiné à l’extrême. Le soi jusqu’à n’être qu’un point. Une singularité qui résiste inexplicablement, qui ne veut pas mourir. Par intervalle régulier, l’espoir vain d’un souffle retrouvé. Régulièrement, l’espoir anéanti…

C’est l’histoire d’une vie. C’est l’histoire de sa vie. Une image surgit : son envol sur la scène. La danse et la musique… Un monde parallèle… Elle s’élance, devenue cette énergie mystérieuse… Ignore la gravité, vole d’équilibre en équilibre parfait… le monde n’a plus de poids. La musique a pris chair. C’est le goût de la vie. Le vrai goût de sa vie. L’être s’est libéré, a vaincu le néant. Mais le néant gagnera sa revanche. L’un ne va pas sans l’autre. L’un et l’autre mêlés… L’oiseau est tué en plein vol. Un peu de plumes, un peu de sang…

Le drame de cette passion n’est rien d’autre que là : mélange divin, mélange maléfique. Mixture parfaitement indigeste pour le passager qui s’y égare. Douceur meurtrière qui déchire le souffle. C’est le cri d’un silence qui ne tarira pas. Plus jamais, plus jamais…

Un petit tas de plumes avec un cœur qui bat. Un peu de plumes, un peu de sang : TU NE DANSERAS PLUS ! As-tu bien entendu ? Tu ne danseras plus. Plus jamais, plus jamais…

La vie s’est arrêtée. Ne reste que le battement d’un cœur d’oiseau qui bat dans l’absence de bruit…

 

Et ce cri dans l’abîme qui s’éteint lentement, inexorablement avec la fin de l’adagio…

 

Alors réveille-toi. Regarde autour de toi. De nouveau l’air est pur, tiède, si bon à respirer. L’oiseau le plus hardi a lancé sa tirade, en équilibre sur la branchette du lilas. Il parle de sa joie de vivre, de sa liberté, son bonheur d’exister. La nature lui rend grâce.

Le soleil, plein d’amour, inonde tout de sa lumière, et sa majesté le cerisier continue de bénir de ses pétales si blancs sur un ciel si bleu…

 

5.04
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Commentaires

luluberlu
Portrait de luluberlu
Hors ligne
Inscrit depuis : 24/12/2010
Imaginez ! Vous êtes

Imaginez ! Vous êtes confortablement installé sous un lilas… Parfums, oiseaux, frou-frou, etc. Et paf ! dont on ne sais où, Haydn s’invite. Rien de festif dans  cette symphonie. Que du lugubre. Franchement, il y a de quoi aller « arquebuser » l’abruti qui vous a tiré de votre douce quiétude. Haro sur l’adagio ! C'est peut-être le voisin qui trucide les chats ???? Heureusement, il n'y en a que pour 15 minutes.

plume bernache
Hors ligne
Inscrit depuis : 09/10/2014
Sa majesté le cerisier est là

Sa majesté le cerisier est là dans le soleil, et t'invite à:

Oublier ce cri du silence

HUMER le parfum indicible du lilas

CHANTER avec l'oiseau et

DANSER avec la lumière...

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