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Épisode 6 : Le mystère élucidé . Tout en bas, après le 5… puisque c'est la fin. 

1er épisode : Berthe

Sur le bureau : un cahier, un genre de mémento que Berthe remplit consciencieusement chaque jour que Dieu fait.

7 avril : ras

Oui Berthe n’a pas que des grands pieds ! Berthe a un cerveau. Elle voit tout, entend tout, analyse tout, note tout. Disons-le. Berthe est enquêtrice de son métier. Et elle a, je puis vous l’assurer, toutes les qualités qui font le bon détective : l’œil du lynx, la mémoire de l’éléphant, l’obstination de la mule, la ténacité de la fourmi, voire la finesse du singe et la rouerie du renard...!!

Berthe ? Comment la décrire ? Plutôt corpulente, allure un peu masculine, cheveux virant au roux, visage de pupazzo aux yeux légèrement globuleux et aux lèvres charnues ; un nez… non, pas camus, plutôt aquilin, en proue de vaisseau ; les joues pleines et surtout des prunelles vives et luisantes auxquelles beaucoup d’hommes allumeraient bien leur cigare !!! Avec cela une allure un peu gauche accentuée par un galurin assez curieux, une sorte de bob rouge à pois verts, mais ne vous y fiez pas surtout !

À côté de ça, la crème des personnes, vive, toujours souriante et prête à vous rendre tous les services.

2ème épisode : Une enquête en solo ?

8 avril : disparition inopinée et inexpliquée.

Bizarre. Vous avez dit bizarre ? Déconcertant je dirais. Berthe réfléchit. Elle s’interroge.

Erreur de rangement ? Un moment de distraction, cela peut arriver. Mais non ; Berthe a fouillé toutes les pièces de la maison de la cave au grenier, inspecté toutes les étagères, vidé tous les tiroirs. Rien. Un vol ? La femme de ménage peut-être ? Impossible. Elle est confinée chez elle avec un bon virus ! Alors ? Le jardinier ? Encore moins probable ; Berthe rit !! Que ferait-il d’un pareil objet, je vous le demande ? À moins d’en agrémenter l’épouvantail sous le cerisier ! Berthe rit à nouveau.

L’affaire n’est pas courante, il faut le dire. Et c’est bien la première fois qu’elle se trouve confrontée à une énigme aussi perso, très perso ! Surtout ne pas en parler au bureau. Oublier les « Boris », « Gary », « Watson » et autres collègues du genre sous peine de s’exposer à moult quolibets et lazzi mortifiants et humiliants… !! Berthe a sa dignité voyez-vous !! Va falloir que je m’accommode de Vif-Ebène ; songe-t-elle. Vif-Ebène c’est son chat, son compagnon fidèle, noir comme le bois du même nom cela ne fait aucun doute. Vif par contre, le terme risque bien de ne plus être tellement d’actualité chez son bon gros matou ! Une souris s’en viendrait-elle lui taquiner les moustaches qu’il ne réagirait même pas, c’est certain !! À peine s’il entrouvrirait un œil ! L’a fait son temps et bien mérité une paisible retraite !

Non, Berthe va devoir résoudre le mystère de cette disparition en solo.

3ème épisode : Un début d'indice ?
 
9 avril : Rien noté ce jour.
 

Perturbée par une autre disparition notre Berthe, la perte de son galurin.  Plus rien sans lui. Les neurones et la perspicacité en berne !!! Fort heureusement retrouvé. Ouf ! Merci Saint-Antoine !!!
Mais trop d’émotions nuisent à l’efficacité et au rendement. Aussi ce soir : une bonne assiettée de pâtes à la sauce bolognaise ( hasta dente les pâtes !! ) et… dodo. Demain sera un autre jour ; Sûr, elle y verra plus clair.

 
10 avril, le lendemain :  Surprise étonnante et déplaisante pour le moins : une nouvelle « volatilisation » !!
 
Interloquée Berthe. Plus de place dorénavant pour les tergiversations. Plus le temps de ratiociner ni d’ergoter. Va falloir agir et agir vite. Sous son galurin, c’est… l’ébullition ! Un début d’indice toutefois se rassure-t-elle. Les vols ont lieu la nuit, pendant mon sommeil. Ceci dit, bonjour les nuits de veille ! Mais Berthe a l’habitude. Rien ne saurait l’effrayer.
 
4e épisode : Le voleur pris en faute ?
 
1re nuit, 9 au 10 avril : RAS, hormis les manifestations courantes de Vif Ébène, ses bruits de succion appuyés, signes d’un toilettage appliqué et soigneux ! plus ses ronrons le reste de la nuit.
 
2e nuit, 10 au 11 avril : milieu de la nuit, léger froufrou sur le plancher. Pas grand-chose d’autre, en tout cas rien de bien signifiant. Vif Ébène n’a pas bronché. Moi non plus. Trop occupée à essayer de débrouiller une sale affaire pour le bureau. La « Chef » veut des résultats rapides et compte sur moi. Pas sûre de tenir le choc à ce rythme !!
 
12 avril : pas de nouvelle disparition. Arrêter mes investigations, les poursuivre ? je m’interroge sérieusement. Bon. Encore une nuit et…
 
Bien lui en prend, car c’est justement cette nuit-là que choisit notre voleur pour se manifester une fois encore. Bruit feutré, imperceptible, léger très léger grincement de la porte du placard… Berthe en alerte aussitôt et rapidement sur ses pieds au grand dam de Vif Ébène blotti sur ses genoux. Pas content du tout notre gentil matou qui le lui fait savoir d’un tonitruant miaiaiaou ! Elle, indifférente, s’est précipitée ; juste le temps de récupérer l’objet tant convoité. Ouf !! Mais, trop tard pour cerner le voleur : Pfft… plus rapide que l’éclair il a déjà filé !
 
 « Ah non ! » s’écrie-t-elle exaspérée. « Bon Dieu ! Vif pas vif, bouge un peu ta couenne ! Va court vole et me… rattrape l’insolent !! » Las, notre matou n’a jamais été, et c’est là son moindre défaut ! très sensible à la littérature et encore moins aux grands classiques !!! Déjà reparti pour un somme ! Tout juste s’il entrouvre un œil, interrogatif pour l’un ; nettement furibard pour l’autre l’air de dire : « qu’est ce qu’elle me raconte ? Après tout c’est elle l’enquêtrice, elle qui a choisi de faire des heures sup, non ?
 

5e épisode : Aux grands maux les grands remèdes !

13 avril : commis une erreur l’aigrefin ! Il n’aurait pas dû revenir sur les lieux de son crime !! Attends l’ami, foi de Berthe, je te réserve un chien de ma chienne ! Rira bien qui rira le dernier !

De fait, le reste de la nuit du 12 s’est passé pour Berthe à pester, rouscailler et jurer comme un païen : « maudit chat, maudit faisan, maudite armoire, fichtre, ventre bleu… S’apprête à monter une boutique ou quoi ? Y a pas écrit » magasin d’approvisionnement « sur mon front non plus !! Va falloir chercher ailleurs » !!!! Berthe, c’est un fait, n’aime pas perdre ni être prise pour un pigeon. Mais elle n’aime pas s’avouer vaincue non plus. Bon, une chose est sûre, il ne lui faut compter sur personne pour résoudre son affaire et surtout pas sur son gros paresseux de chat !

Après la colère et les jurons, les cogitations et réflexions. Cogitations positives finalement car… eurêka ! notre Berthe a trouvé la solution : un épandage de farine, en bonne et due forme, tout autour de l’objet incriminé. Une recette de son aïeule, disparue malheureusement, paix à son âme ! Une grande pointure la Germaine ( c’était son prénom ) ; ceci explique cela : mes pieds et ma sagacité !!!

Sitôt pensé son système de défense sitôt exécuté ; la farine épandue sur les lieux et sans lésiner qui plus est ! Berthe se frotte les mains. À nous deux et à… cette nuit. Je suis prête, fin prête et résolue ! Un dénouement tout proche…

6e épisode : Le mystère élucidé

Nuit du 13 au, 14 avril :

Berthe, tout yeux tout ouïe en ce début de nuit ; vigilante, aux aguets comme un lanier sur son nid. Pas question d’échouer cette fois-ci ni de laisser échapper son énigmatique et mystérieux « écornifleur » !

Vif-Ebène lui-même a été prié de passer la nuit dehors ; une fois n’est pas coutume ! et Berthe a besoin d’avoir l’esprit tranquille et en alerte maximale.
Dans la pénombre de la chambre, pas un bruit, pas un mouvement. Seul signe de sa présence : deux yeux ronds et brillants fixés sur l’armoire, lieu de tous les délits !

11 h : Rien.

Minuit : toujours rien.

Berthe commence à s’impatienter sur son siège, les pieds en proie à un début d’insupportables fourmillements. « Surtout ne pas perdre mon sang-froid, rester immobile et concentrée », se gourmande-t-elle.

Minuit trente : Tous ses sens en éveil. Quelque chose est en train de se préparer, quelque chose se passe, quelque chose d’imperceptible pour le pékin de la rue mais que l’oreille exercée de notre détective a su discerner. Un bruit infime, feutré à outrance… Berthe s’est déjà précipitée. Pas de doute. Son voleur est là, derrière cette porte qu’elle ouvre brusquement ; un peu trop brusquement peut-être ? Pffuit !...  filé une fois encore l’animal. Ventre-saint-gris !

Gros-Jean comme devant l’amie Berthe et dans une rage qu’elle exprime en nombre de jurons colorés : foutriquet, gougnafier, face de crabe et de lait caillé, espèce d’empalafié !... Sacrebleu, me faire ça à moi !!

Allons, du calme Berthe, tu oublies la farine ! « Mais oui bien sûr, où ai-je la tête ? La farine, les empreintes ? » D’un geste vif elle allume et scrute le plancher. De minuscules traces blanches le sillonnent. À croupetons aussitôt pour les suivre… notre Berthe « Aïe ouille palsambleu ! » rouspète-t-elle, en se cognant la tête contre l’armoire. Curieux, pense-t-elle, dans le même temps, les traces semblent se diriger sous l’armoire ? Et de se baisser davantage pour confirmation. Pas de doute. Tiens donc qu’est-ce là ? Une boîte. Drôle d’endroit pour une boîte ! Elle l’attrape et l’approche pour en examiner le contenu. « Oh non ! mes soutifs ! Mes pauvres dessous ! enfin… ce qu’il en reste ! » gémit-elle en constatant les dégâts, des friselis de dentelle !! Quasi neufs, achetés il y a quelques mois à peine à « Toto Solde » !! Bon d’accord, ni « Charmel » ni « Aubade » mais tout de même !!!

Au milieu des friselis, dans ce lit douillet, des souriceaux, 5 - 6 jours tout au plus, et, bien décidée à les protéger, maman souris : deux perles en guise d’yeux, un délicat museau pointu, une petite poitrine qui bat la chamade. Terrorisée notre gentille souricette mais guère prête à déloger semble t-il.

Furieuse mais attendrie malgré tout notre enquêtrice est encore sous le coup de la surprise. Que faire ?

Par tous les SAINTS, imaginez : CINQ souriceaux dans un nid tout moelleux et chaud Ceint d’une large frange de flocons de dentelle, ma chambre squattée sans mon blanc-SEING… ! Pas joli joli tout cela ni très SAIN vous en conviendrez avec moi ? Vol avec effraction, voyons cela va chercher… Bon, je veux bien passer l’éponge et me montrer bonne joueuse pour cette fois. Pour cause : Les deux partis, voleur et volé y ont gagné quelque chose : Dame souris en confort, mes SEINS en liberté !!!!

En conséquence : pas de poursuites. Mais condition sine qua non : Retour immédiat, avec mon aide il va sans dire, dans vos appartements, à savoir la grange !

 

15 avril : Affaire bouclée. Fin de l’histoire.

 

 

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Commentaires

plume bernache
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liberté chérie

 

 

Palpitant jusqu’au bout des… ventricules !

Après tout,  pour cette famille nombreuse,  deux " nids chont" bien plus confortables qu’un cheul ! De plus dans la dentelle griffée « Toto » s’il vous plaît !  Leur mère attentionnée ne manquera pas de les nourrir au « nid-bar » ! Fréquenté par les deux « Robert »…

Charmante histoire, au style raffiné,  encanaillé de jurons inédits « face de crabe et de lait caillé » « empalafié »…Et la chute un peu coquine après le tableau touchant des cinq petits souriceaux dans la dentelle : mimi tout plein ; je suis tout attendrie.

 Pour le reste, vive la liberté, liberté chérie !

luluberlu
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Olala serait-elle en train de

Olala serait-elle en train de nous rouler dans la farine ? Elle réserve un chien de son... chat ! Pas de danger pour le pigeon, surtout avec Vif Pépère... Il est aussi éveillé qu'Olala pendant un atelier d'écriture. C'est dire !

plume bernache
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préparez les menottes

 

 La farine ! Imparable, la farine : Suffira de relever les empreintes et on sera fixés sur l'identité du voleur.

 Le choper sera une autre paire de manches. D'autant plus que cet Ébène n'est pas vif du tout !

Mais la  Berthe et son galurin est prête à tout ! N'oubliez pas : le lynx, la mule, le renard, le singe … Tremblez voleurs et chapardeurs de tout poil …

luluberlu
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Ma ! suis pas vif, yé souis

Ma ! suis pas vif, yé souis dans le noir… Ma ! tou va nous le dire ce qui disparaît ! Ou bien faut-il décoller les pastilles vertes une à une pour savoir ?

 

 

 

plume bernache
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mystère

 

 Et le mystère s'épaissit. Quel est donc cet objet tant convoité?

Seul indice, il serait rangé dans le placard puisque le bruit venait de là...mais des placards, il y en a de toute sorte: placard aux confitures? Aux vêtements, aux bijoux ? Aux documents importants? Aux livres ? Aux rêves perdus ……

olala tu nous embrouilles,

cornegidouille !

plume bernache
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Nuits blanches

 

 Pauvre Berthe! Des nuits blanches en perspective. Faut vraiment que Vif Ébène vienne en renfort. Quitte à le gratifier d'une ration de pâtes à la sardine. Hasta dente!

olala
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Le fabuleux destin d'...un s.t

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! yeslaugh

luluberlu
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Ben si j’ai pas la berlue,

Ben si j’ai pas la berlue, c’est bien la Berthe qu’abrite le galurin ( et pas le gars Lurin ) ?... Pendant le confinement, ne pas abuser des psychotropes !

olala
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Le fabuleux destin d'...un s.t

Ma doué benniget !! Que c'est que j'visionne là ? Mais... ? oui, c'est ben le galurin de ma Berthe ! Boudiou Lulu, empresse- toi de le lui rendre fissa. Rends-toi compte, ce bibi c'est sa muse, son égérie, son bon génie un peu comme pour les écrivains tiens... sans lui plus de pouvoirs, plus d'enquête, embrouillés les neurones de la perspicacité !!

luluberlu
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(sans sujet)

 

« l’œil du lynx, la mémoire de l’éléphant, l’obstination de la mule, la ténacité de la fourmi, voire la finesse du singe et la rouerie du renard...!! » : s'agit-il d'un auto portrait ?

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