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Une place, dite « du Feu » et, tapi tout au fond, quasi dissimulé aux regards, un restaurant simple et authentique à peine plus grand qu’un mouchoir de poche !
Un nom et... les souvenirs d’affluer.

« Une cuillère pour maman », une cuillère pour papa... Visage buté, regard ombrageux, lèvres pincées, la petite Lolita s’obstine à ne pas ouvrir la bouche. Allons encore un petit effort. Une cuillère pour « Noyel », une cuillère pour « Vili » s’escrime maman. En vain. Et d’insister une fois encore. Une cuillère pour... Bffberk !! La rébellion brusquement et une pluie d’étoiles vertes, comme autant de petites broderies, vient enjoliver et agrémenter la table et ce qui l’entoure !

La bonne tape méritée ou... pas ( zavez qu’à pa zinzister dis donc ; z 'en veux plus c’est z 'en veux plus !! ). Léger tremblement à la commissure des lèvres, soupçon d’arrogance dans le regard, mais... pas de pleurs. Trop fière la petite demoiselle !

Souvenirs, souvenirs d’enfance, si lointains et pourtant si proches encore !

Mais pour l’heure nous sommes au restaurant « Une cuillère pour maman ». Intérieur qui ne dément pas l’extérieur : sobre, discrètement coquet ; quelques tables blanches rehaussées de petits sets de couleurs assorties aux pois des coussins sur les chaises ; des murs clairs, quelques tableaux et petits objets pour les faire chanter doucement. Ici, rien ni personne pour vous houspiller et vous donner la becquée ! ni potions insipides, indéfinissables ou indésirables ! ni grimaces, ni révolte, ni « crachouilles » ! rien que du plaisir. Tout pour solliciter et réjouir papilles et pupilles. Une gastronomie inventive sans excès, associant tradition, exotisme et créativité. Couleurs, odeurs, saveurs, salé, sucré, acidité, amertume se marient avec subtilité et délicatesse.

Le temps d’un repas on voyage, on découvre des « ailleurs » à partir de produits simples, courants et saisonniers : dans votre assiette, la nature en moult dimensions et qui change d’habit chaque saison. Un grain de fantaisie, une once de folie, une grosse pincée d’inventivité, une louchée d’imagination et... ça vous explose dans la bouche comme un poème, une douce mélodie dont les notes sont les épices et les herbes aromatiques, farandole de condiments qui rythment les plats tout comme la ponctuation rythme un texte.

Tandis que dans la petite cuisine, on s’agite et s’affaire doucement, on suit la ronde des casseroles, cassolettes, spatules, fouets et cuillères en bois, dans la salle on savoure et on se délecte. Escapades gourmandes aux accents délicatement festifs, chantants et ensoleillés. Murmures, rires et sourires, conversations animées, chanson des couverts et verres, l’ambiance est au beau fixe, joyeuse et récréative. Tout cela sent, outre la vanille, la canelle, la citronnelle, le romarin... l’amour, l’humour, le partage, la vie.

Mais l’heure se fait tardive. Pour notre petit groupe le départ, pour Anne-Marie une page qui se tourne, une page qu’on lui souhaite bien sûr la plus pleine et la plus riche possible.

 

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Commentaires

cfer
Hors ligne
Inscrit depuis : 19/11/2014
Une cuillère pour maman

D'abord le nom du restaurant qui fait appel aux souvenirs d'enfance:" tremblement à la commissure des lèvres..."

Vient ensuite une fidèle description du lieu:"des petits sets de couleur..."

Une belle évocation des mets:"une farandole de condiments..." puis du travail en cuisine:" la ronde des casseroles.." 

Enfin l'atmosphère en salle:" l'amour, l'humour, le partage..."

Bravo on y est!

olala
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Inscrit depuis : 01/02/2014
Une cuillère pour maman

Effectivement ; je pense que c'est toi qui as raison. Un intérieur qui ne dément pas...

Aïe ! Le correcteur de Christian ne me semble pas fidèle à cent pour cent !! Alors merci d'avoir relevé cette erreur à sa place.

Claire Delune
Hors ligne
Inscrit depuis : 26/04/2015
Souvenirs

J'ai bien aimé, et tout particulièrement les premiers paragraphes.

"Intérieur qui ne démentit pas " ou qui ne dément pas ?

plume bernache
Hors ligne
Inscrit depuis : 09/10/2014
un beau voyage

 

 Introduite malicieusement par une pirouette dans l'enfance, j'ai aimé cette évocation à la fois précise, impressionniste et poétique.

 Le voyage au fil des plats, fantaisie inventivité subtilité des assaisonnements, est parfaitement rapporté.

Un hommage bien mérité pour Anne-Marie !

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