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Contrainte : d'après le film Inspiré de l'histoire vraie de William Kamkwamba et adapté de son roman.

 

 

James montait le sentier. Le soleil gravissait le ciel.
Il se concentrait dans son effort. La terre presque blanche s’envolait sous ses pas. Le vent la disséminait sur la végétation alentour. Les chênes verts rabougris, les cistes assoiffées aux fleurs fripées, les thyms, les genévriers, les lavandes torturées par la sécheresse, en étaient tout recouverts.

Pour faire son ascension dans le silence recherché, il partit de bonne heure.
Le calme procuré par cette marche matinale ne durerait pas. Bientôt le vent se lèverait pour atteindre quatre-vingt-dix et cent kilomètres-heure en rafales à neuf heures précises.
À travers les touffes compactes d’herbes bleutées entre les pierres, les arbustes, buissons, romarins et églantiers aux roses dénudées, il gagna le bord du précipice.

Le paysage était grandiose !
Assis sur sa pierre il reprenait son souffle, les joues caressées par le vent léger venu de la combe. La sueur perlait sur son front, et descendait sur ses tempes en deux petits rus qui se rejoignaient le long de sa colonne vertébrale. Elle infiltrait son tee-shirt. La brise passant sur le tissu humide le rafraîchissait. Le soleil castagnait déjà !
En contrebas, la Durance délaçait ses courbes jusqu’aux scintillements lointains de la Méditerranée. Les Alpilles se dessinaient au même niveau, juste en face.
Il aimait ce paysage. Il se sentait bien. Là, au-dessus du monde, se disait-il.
Au-dessus des tourments, des rumeurs, de l’impatience de vivre ! Mais quoi ?
Avant, dans sa tête le vent n’arrêtait jamais ! C’était étourdissant ! D’une brise il devenait tempête.

Alors James se sentait propulsé dans un combat perdu d’avance. Désarroi, impuissance, épuisement, furent son lot, jusqu’au jour où l’abandon le séduisit !

À Londres, où il vivait chez sa mère, un matin il ouvrit le bow-window du salon. Face au parc il contemplait le ciel lourd s’égoutter de bruine. Il était las de résister aux sifflements incessants. Les vortex s’assemblaient sous son crâne en un ouragan destructeur !
À bout, iI sauta, dans un désir incontrôlable d’en finir !
Les médecins dirent qu’il avait eu de la chance.

Étrangement, après son suicide raté, le vent déserta sa tête. De ce répit il profita pour aller voir son père en France.
Il arriva en Avignon par un jour de mistral. Les battements d’ailes du Fokker semblaient incontrôlables.
Mais le train d’atterrissage s’agrippa lourdement à la piste malgré les rafales.
À l’instant où l’avion serra son frein de parc devant l’aérogare, le silence en cabine, installé au cours de la descente, se rompit.

Ici le vent soufflait à l’extérieur de sa tête ! C’était un soulagement.

Au cours des mois qui suivirent il découvrit le coin où vivait son père. À vélo il prit les routes. Les chemins, les sentiers il parcourut à pied. Il éprouva de la paix, de la joie. Il était admiratif devant cette végétation rocailleuse, sèche. Malmenée par la terre, le vent, le soleil, la pluie, elle irradiait par sa force. En résistant, ou se pliant aux éléments.
Il comprit qu’il ne pourrait plus jamais vivre ailleurs !

Puis un jour, le vent se leva à nouveau dans sa tête.
 Il décida pour une fois de donner libre accès au souffle tyrannique qui l’habitait, sans résister. L’accueillir ! Peut-être ?
Ce bout de Provence lui avait bien fait une place, à lui ! L’anglais ! Il avait été accepté, bien qu’un peu moqué pour son accent, certes ! Mais ; « peuchère ! », c’était donné ! Pour tout le bonheur de séjourner en ce lieu !
 Il avait même joui des complaintes du vent si redoutées autrefois, car celui-ci restait dehors !
Portes et volets étaient à son épreuve ! L’expérience des Provençaux et leur entêtement à protéger leurs biens, les avaient inspirés à prendre les mesures qui s’imposaient. Même les toits qu’il aurait pu attaquer sournoisement, en se glissant sous les tuiles pour les envoyer valser, se paraient de lourdes pierres  !
 Ces bastides, ces mas, ces cabanons simples, esseulés au milieu de nulle part, aux murs solides, montés de pierres brutes arrachées à la terre, étaient dressés contre le vent violent.
Le mistral avait ses cycles, toujours imprévisibles !
Le rythme allait par trois. Le soir le Mistral s’endormait à la tombée de la nuit. Trop fatigué sans doute de s’engouffrer partout !
 Il bousculait les plus âgés comme les plus jeunes, terrorisait les automobilistes non avertis et souvent provoquait des accidents. Mais il faisait partie des lieux. Soit on l’aimait, soit on le détestait. À vie !

Dans ma tête, les questions appelaient les réflexions.
Ce vent dominait ! Les reliefs, les végétaux et les hommes étaient sous son influence. Y compris moi !

Oui ! Indubitablement il avait un pouvoir sur moi. Je sentais sa force, je le comprenais. Je dirais même que je l’attendais !
En haut des collines écrasées de soleil je l’appelais de toutes mes prières.
Il était indissociable du paysage, de l’enchantement d’être à sa merci quand la mélancolie s’installait.
Maintenant, au sommet du Lubéron, le vent emprisonné tournant dans ma tête
est libre de me traverser et ses assauts m’épargnent quand il rejoint son maître ; le Mistral.

 

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Commentaires

luluberlu
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L’agencement des paragraphes

L’agencement des paragraphes nuit à la lecture ( paragraphe : section d’un texte en prose, manuscrit ou imprimé, développant un point bien délimité de l’exposé en cours, pouvant comporter plusieurs alinéas et constituant elle-même une subdivision d’un ensemble plus important [ généralement un chapitre ]. Exemple :

 

« Pour faire son ascension dans le silence recherché, il partit de bonne heure.
Le calme procuré par cette marche matinale ne durerait pas. Bientôt le vent se lèverait pour atteindre quatre-vingt-dix et cent kilomètres-heure en rafales à neuf heures précises.
À travers les touffes compactes d’herbes bleutées entre les pierres, les arbustes, buissons, romarins et églantiers aux roses dénudées, il gagna le bord du précipice.

Le paysage était grandiose !
Assis sur sa pierre il reprenait son souffle, les joues caressées par le vent léger venu de la combe. La sueur perlait sur son front, et descendait sur ses tempes en deux petits rus qui se rejoignaient le long de sa colonne vertébrale. Elle infiltrait son tee-shirt. La brise passant sur le tissu humide le rafraîchissait. Le soleil castagnait déjà ! »

 

« Pour faire son ascension dans le silence recherché, il partit de bonne heure. Le calme procuré par cette marche matinale ne durerait pas. Bientôt le vent se lèverait pour atteindre quatre-vingt-dix et cent kilomètres-heure en rafales à neuf heures précises. À travers les touffes compactes d’herbes bleutées entre les pierres, les arbustes, buissons, romarins et églantiers aux roses dénudées, il gagna le bord du précipice. Le paysage était grandiose !
Assis sur sa pierre il reprenait son souffle, les joues caressées par le vent léger venu de la combe. La sueur perlait sur son front, et descendait sur ses tempes en deux petits rus qui se rejoignaient le long de sa colonne vertébrale. Elle infiltrait son tee-shirt. La brise passant sur le tissu humide le rafraîchissait. Le soleil castagnait déjà !»

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La ponctuation pose souvent problème. Exemple : « Les chênes verts rabougris, les cistes assoiffées aux fleurs fripées, les thyms, les genévriers, les lavandes torturées par la sécheresse, en étaient tout recouverts. »

Avec la virgule on peut penser que seuls les chênes sont recouverts (le reste étant considéré comme une incise) : Les chênes verts rabougris en étaient tout recouverts.

« Les chênes verts rabougris, les cistes assoiffées aux fleurs fripées, thyms, genévriers, les lavandes torturées par la sécheresse en étaient tout recouverts. »

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Il y a aussi des points d’exclamation en veux-tu en voilà :

« L’accueillir ! Peut-être ? »

« fait une place, à lui ! L’anglais ! »

Point virgule : « certes ! Mais ; « peuchère ! », c’était donné ! Pour tout le bonheur de séjourner en ce lieu ! »

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Pas mal de lourdeurs auraient peu être évitées. Elles nuisent à la poésie sous-jacente.

 

Etc.

 

Beaucoup de choses à retravailler. Je suggère un passage en atelier pour une lecture critique collective.

 

plume bernache
Hors ligne
Inscrit depuis : 09/10/2014
le vent fripon

 

 Prends garde au vent fripon chantait l'ami Georges…

 Peut-être pensait-il au mistral, comme le James de ton histoire.

 Le vent d'autan n'est pas mal non plus. On dit même qu'il rend fou. Il fait tourner des têtes…

 et des éoliennes, comme celle de William Kamkwamba !

 

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