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Contrainte : Sur une musique d’A. Vivaldi (Les exos de l’atelier) - Nisi Dominus

 

Quelles sont ces ombres ma mère

 

Quelles sont ces ombres au clair de lune ?

Ce sont les arbres mon fils

Ce sont les arbres au clair de lune

Pourquoi bougent-ils ma mère

Pourquoi bougent-ils au clair de lune ?

Ce sont leurs feuilles mon fils

Ce sont leurs feuilles qui frémissent

Pourquoi pleurent-elles ma mère

Pourquoi pleurent-elles au clair de lune ?

Mais c’est la pluie mon fils

La fraîche bruine qui les arrose

Pourquoi ces cris ma mère

Pourquoi ces plaintes au clair de lune ?

Mais c’est le vent mon fils

La douce brise dans les branchages

Pourquoi ces feux ma mère

Pourquoi ces coups au clair de lune ?

Mais c’est l’orage mon fils

C’est le tonnerre sur les cimes

 

Pourquoi mens-tu ma mère

Pourquoi mens-tu à ton enfant ?

Alors tu sais mon fils

Mais que sais-tu du clair de lune ?

Ce sont les âmes ma mère

Ce sont les âmes au clair de lune

Quelles âmes mon fils

 Mais quelles âmes entends-tu donc ?

Celles des transis ma mère

Celles des transis au clair de lune

De quels transis mon fils

 De quels transis me parles-tu ?

Tous les bannis ma mère

Tous les exclus les écartés

 Les méprisés les refusés

 Les égarés les massacrés

 Les suppliciés les invisibles

C’est le long troupeau de nos frères

Des temps de guerre ou d’aujourd’hui

Qui nous supplient au clair de lune.

 

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Commentaires

olala
Hors ligne
Inscrit depuis : 01/02/2014
Je relis pour la énième fois

Je relis pour la énième fois ce superbe texte. Outre l'écriture j'ai particulièrement aimé le "binôme " mère-fils...

Etrange propension des mamans en général à les protéger de tout, les réalités de l'existence y compris, à leur cacher certains évènements et situations, à taire tout ce qui pourrait bousculer leur petit "éden" : le risque énorme au bout du compte de perdre leur confiance.

Nos enfants ne sont pas dupes, ils ont des antennes, un sixième sens qui sait distinguer le vrai du faux, le faux du vrai... et ils sont capables d'entendre et de comprendre beaucoup de choses. A nous de trouver les mots pour dire, expliquer, accompagner.

Dur métier que le nôtre, tu ne trouves pas ?

plume bernache
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Inscrit depuis : 09/10/2014
résonance

 

 Oui, ce morceau et cette voix s'infiltrent en des zones profondes qui en ce moment sont bousculées par une actualité nauséabonde. 

 Et tout cela entre tellement en résonance avec le livre magnifique abordé ensemble …Tristesse et sentiment d'impuissance. On n'a donc rien appris du passé.

Mais je crois qu'il est bon de réfléchir et de partager… ne serait-ce qu'en écoutant cette belle musique de Vivaldi.

plume bernache
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Inscrit depuis : 09/10/2014
musique inspirante

 

  Merci Croisic. Je suis heureuse d'avoir pû faire partager mon émotion éprouvée à l'écoute de cette musique de Vivaldi interprétée divinement par une voix qui vous renverse le coeur et l'âme.

Croisic
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Inscrit depuis : 26/10/2014
... superbement écrit, je

... superbement écrit, je dirais même ciselé. 

Texte bouleversant.

J'ai beaucoup aimé. Merci.

luluberlu
Portrait de luluberlu
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Inscrit depuis : 24/12/2010
Un texte poignant, qui m’a

Un texte poignant, qui m’a rappelé le café littéraire d’hier ( En mémoire de la forêt, Charles T. Power ) et les vidéos que je vous ai infligé. Il m’en reste une tristesse profonde, un dégoût de l’humaine nature dont je n’arrive pas à me  départir. Triste, profondément.

 

« De quels transis me parles-tu ?

Tous les bannis ma mère

Tous les exclus les écartés

 Les méprisés les refusés

 Les égarés les massacrés

 Les suppliciés les invisibles

C’est le long troupeau de nos frères

Des temps de guerre ou d’aujourd’hui

Qui nous supplient au clair de lune. »

olala
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Inscrit depuis : 01/02/2014
Clair de lune

Une fois encore un bien joli texte, tout en nostalgie et belles allégories.

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