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Les containtes : hypocondriaque

 

 

                                                 Gégé Malatou chez le docteur Diafoirus

 

— Bonjour monsieur Malatou, que vous arrive-t-il aujourd’hui ?

— Ah docteur, je crois que je suis fichu…

— Encore ?

— Oh mais cette fois docteur je sens que c’est la fin… J’ai mal au ventre, je passe mon temps aux toilettes, j’ai la typhoïde c’est sûr comme tous ces gens que j’ai vu à la télé dans ce reportage sur le Darfour… et puis regardez mes yeux…

— Oui, qu’est-ce qu’ils ont vos yeux ? Ils sont toujours bleus non ?

— Regardez mieux, vous ne voyez pas comme le blanc est jaune ? Choléra ça ! Je l’ai lu dans « Le Grand Livre des Grandes Épidémies ». Et ma gorge, je râcle sans arrêt : la diphtérie qui a emporté mon arrière grand-père, ça a commencé comme ça, on me l’a dit souvent. C’est comme depuis que je suis tout petit, je ne tiens pas en place, on me dit atteint de la danse du saint Guy, et en plus c’est contagieux : « c’est épuisant pour tout le monde » (Maman disait toujours ça. Quant à mes pauvres cheveux, tenez je les perds par poignées et pourtant j’ai essayé tous les remèdes contre la « LOPÉCIE », le pétrole, l’ail, la graisse de lézard, même la crotte de pigeon et bé rien n’y fait, j’ai une forme sévère, la plus grave. Le docteur Diafoirus soudain exagérément sérieux suggère :

— Monsieur Malatou vous ne me parlez pas de votre hydarthrose des femmes de chambre… Seriez-vous épargné par ce mal ?

— Ma quoi ? l’hydra… chose des femmes, une maladie dont je n’ai jamais entendu parler… alors comment voudriez-vous que je l’aie attrapée ? Mais pour tout le reste docteur, vous allez enfin arriver à me guérir n’est-ce pas ?

— Ne vous inquiétez pas mon ami, je vais taper fort cette fois mais il faudra suivre le traitement quotidiennement, sauf peut-être le dimanche pour prendre le temps d’aller vous promener en forêt. Tenez, vous remettrez cette prescription au pharmacien, il n’aura peut-être pas le traitement sous la main, mais il saura vous aiguiller vers des gens compétents.

Arrivé à la Pharmacie du Temps Libre, Gégé légèrement inquiet à cause du terme « aiguiller » soumet son ordonnance à l’homme en blouse blanche qui s’avance vers lui. Celui-ci disparaît dans l’arrière-boutique et revient avec un « flyer » coloré à l’enseigne de l’UTL. Il décrypte pour son patient :

— Voilà ce que vous devrez pratiquer : le lundi musique, le mardi danse country, le mercredi écriture et philosophie, le jeudi café littéraire, le vendredi conversation anglaise, le samedi  conférence… en cas d’allergie à certaines activités, d’autres pourront vous être proposées. Allez monsieur Malatou, et bon courage !

 

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