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Trop, c’est trop

 

CESSEZ

 

Une source qui suinte,

Qui s’étire au soleil,

Qui babille, et qui chuinte,

Une vie qui s’éveille.

 

Roule de pierre en pierre,

Cascade par les monts,

Ruisseau qui vit de terre,

Rivière d’ambition,

Fleuve sans adversaire

Qui culbute les ponts,

Lac et puis bientôt mer

Et pourquoi pas saisons !

 

          CESSEZ !

 

Je veux ma source

Avant la pente

Qui rien ne course

Et pour moi chante.

 

          Une fumée s’accroche

          À travers les brindilles

          Folâtre et s’effiloche,

          Une vie qui scintille.

 

          Frêle dans la froidure,

          Préparant les couleurs,

          Petit feu de culture

          Qui s’enfle et qui fait peur,

          Se tord et flammes dures

          Incendie le meilleur,

          Dévore la nature

          Et pourquoi pas les cœurs !

 

          CESSEZ !

 

          Je veux ma flamme

          Celle qui brille

          Et ne réclame

          Qu’une brindille.

 

Une bouche sans plainte,

Un visage serein,

Une dernière étreinte,

Une vie qui s’éteint.

 

Larme sous la paupière

S’enfle et soudain jaillit,

Sanglots qui se libèrent

Et deviennent des cris,

Gestes qui s’accélèrent

Jusqu’à la comédie,

Qui refusent la terre

Et pourquoi pas la vie !

 

          CESSEZ !

Je veux ma mort

Avec respect,

Voyez, je dors,

Partez en paix.

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Commentaires

plume bernache
Hors ligne
Inscrit depuis : 09/10/2014
Touchant et doux

 

 Spontanément je lis ce poème sur le rythme de la chanson de Moustaki "Les eaux de mars".

 Une certaine douceur joyeuse jusqu'à la fin, même dans la "vie qui s'éteint "après "une dernière étreinte" . Il me semble que la chanson(ou le poème) aurait pû s'arrêter là.

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