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Hello ! Je suis Lady Caramèle, yeux de jade robe isabelle, profession : philosophe directrice de conscience pour humains.

Née au sein d’un foyer britannique du Périgord où je suis restée dix ans, je cohabite depuis trois ans avec un couple français, monsieur Lui et madame Elle. De braves gens, mais qui ne comprennent pas grand-chose à la vie. Je fais mon possible pour les éduquer et ils évoluent. Lentement.

En parlant de moi, ils disent souvent : « Il ne lui manque que la parole… » Mais le Bon Dieu m’en préserve ! Je n’ai que faire de leur parole. S’ils étaient un tout petit peu plus évolués, ces humains, ils n’auraient pas besoin de leurs chers mots pour communiquer. Quand je vois les difficultés de compréhension entre mes amis anglais et français à cause justement de la langue parlée, ça me fait sourire. Au fil de leur soi-disant évolution, ils ont perdu toutes leurs facultés naturelles et en plus ils en sont fiers !!!

Moi par exemple, d’un seul regard, d’un soupir, d’une attitude, d’un coup de patte – de velours ou barbelée – je me fais très bien comprendre de cette petite vagabonde qui, par un triste matin de novembre, a pointé son nez rose et ses griffes crissantes contre la porte vitrée de notre maison. Miaulante mendiante et surtout très comédienne… J’ai compris tout de suite qu’il m’allait falloir la souffrir. Moi, la Reine de la maison, si tranquille (j’ai grand besoin de calme pour exercer ma méditation). Et voilà, ça n’a pas raté :

« Oh la pauvre petite minette toute mouillée… a minaudé madame Elle.

_ La pauvrette, fais la entrer. Elle est affamée. Vite, donne-lui à manger… » a modulé monsieur Lui.

À peine une patte dans la cuisine, cette petite effrontée toute crottée avait déjà repéré ma gamelle. Ah çà non ! Je souffle, elle crache vers moi en couchant ses oreilles en arrière, elle a du toupet celle-là. Une vraie teigne ! Je l’ai pensé si fort qu’ils l’ont appelée Chat-Teigne ! N’empêche que depuis ce jour fatidique je suis obligée de la supporter. Trois ans que ça dure. Nos relations se sont un peu adoucies (mais je prends sur moi). Nous arrivons à nous croiser sans souffler ni cracher. Juste le regard et les oreilles dissuasives. Les siennes sont prolongées par une petite houppe, c’est d’un vulgaire !!! Quand je les entends Lui et Elle prétendre en s’extasiant que ça lui donne un côté sauvage, boooou, ça m’horripile et je pars illico faire mes griffes sur le grand « GRIFFOIR » vert du salon. Aussitôt, mes humains se mettent à hurler prétendant que « griffoir » n’est pas le bon mot et que le vrai c’est « CANAPÉ » et d’emblée ils s’assoient dessus. Vous voyez bien que les mots sont source de malentendu. Pour finir, les choses s’arrangent un peu : madame Elle s’endort sur SON « canapé », je viens ronronner à côté d’elle et subrepticement, je me fais quelques griffes sur l’accoudoir de MON « griffoir ». Mais ne le répétez pas.

Tenez, encore un exemple de malentendu lexical dont a été victime ma jeune congénère cette fois :

 Monsieur Lui soutient avec vigueur que cette petite couchette lisse et tiède, idéalement située à un point stratégique de la maison d’où l’on voit arriver les importuns – le chien exubérant de la voisine, ou la pie apprivoisée si agaçante qui cherche toujours à vous pincer les oreilles – ne s’appellerait pas couchette, mais ORDI !

« HORS DICI sale bête ! » hurle monsieur Lui. Et la petite chatte aux oreilles sauvages qui faisait là sa sieste a été réveillée en sursaut et chassée « manu informatiri ». Juste au moment où elle s’apprêtait à mettre la patte sur la souris (la sienne pas celle de l’ordinateur) qu’elle avait laissée filer cette nuit et qui s’était réfugiée dans le corps inaccessible du vieux piano. Pour une fois qu’elle faisait un beau rêve !

Cette fois, je me sens en totale empathie avec ma sœur Châtaigne, je la rejoins au coin de la cheminée. Songeuse elle est assise, ses oreilles orientées vers moi. Les flammes du foyer ondoient dans ses yeux mordorés, nos regards se fondent, nos pensées se combinent et nous ronronnons ensemble : « L’enfer c’est les autres » 

 

Les dix mots de Domi :

Caramèle, Châtaigne, pie, chien, souris,

Canapé, cheminée, gamelle, ordi, piano

 

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Commentaires

plume bernache
Hors ligne
Inscrit depuis : 09/10/2014
empathie

 

 Merci cfer pour cette synthèse tout à fait pertinente.

 je crois que cela s'applique aussi aux chiens, bien que ceux-ci soient peut-être moins indépendants que les matous;

Ce  qui m'épate toujours avec nos amis… à quatre pattes c'est l'empathie à double sens que l'on peut développer avec eux.

Je suis sûre qu'ils ressentent nos joies et nos peines ; nous souffrons avec eux (ô combien !!!!)quand ils sont mal, mais quel plaisir contagieux de les voir joyeux…

cfer
Hors ligne
Inscrit depuis : 19/11/2014
Une leçon félinosophale en

Une leçon félinosophale en attendant la pierre philosophale!

Le chat ne parle pas.

Le chat ne possède rien.

Le chat n'est la propriété de personne.

Le chat agit à sa guise et vit dans l'instant.

Liberté d'agir et de penser avec pour objectif son propre bien être.

L'Animal à tout compris.

Nous avons tout à apprendre de lui.

CHAT ALORS !!!

Humour et philosophie, un beau moment de lecture.

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