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https://www.youtube.com/watch?v=nHeZRBy3AAs&feature=share

 

une blessure entre les dalles suffit au sycomore

ses racines ont l’intelligence des pieuvres
engravant dans le grès leurs arborescences tentaculairement échevelées

 

s’évadant du silence calcaire pour qu’il soit parole des hauteurs, leur générosité pousse l’érable à grandir au pied des murs

peu de nutriments dans le friable conviennent à son indéfectible vigueur

ainsi des plantes et des êtres qui voyagent

rien, pas même un papier, une perte de chiffon,
ne pourra les arrêter

 

il me plaira ce grand mélange du monde

souches là-bas, feuillages ici

 

brisez les rocs beaux migrateurs

réveillez nos cieux
nos lumières ne brillent plus
- l’ont-elles fait une époque ?-
nos poètes se taisent, hébétés

parlent d’eux, entre eux
échos d’un vide rassis

 

alors soyez donc bienvenus
forcenez nos imaginaires

 

 

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Commentaires

plume bernache
Hors ligne
Inscrit depuis : 09/10/2014
siècle des petites lumières bien cachées

 

  Ce poème est une magnifique métaphore: "Souches là-bas, feuillages ici". Chaque mot fait sens "pas même un papier"…"nos lumières ne brillent plus"(mais si mais si ! même si elles sont peu visibles) et "forcenez nos imaginaires"

 J'aime ces belles sonorités :"engravant dans le grès"et le rythme musical de la première phrase.

 

Merci pour tout cela, RB !

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