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XXVII (essai)

 

on pense du monde tout le bien qu’on se souhaite

...

 

on espère qu’une chaleur rampe sous le drap
écartant la froidure

 

une correspondance par geste
comme un soleil rejoint sa plaie à la couture d’un hiver

 

et si l’âme pouvait enfin s’atteler à ce peu de tiédeur
on quitterait les inutiles bruits d’ossements

 

le présent cesserait sa course pour s’entourer de chair

devenu espace d’espérance

 

 

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Commentaires

jfmoods
Portrait de jfmoods
Hors ligne
Inscrit depuis : 29/09/2014
Autopsies de l'oubli

Le pronom personnel ("on" x 3) met en évidence le fait que le locuteur est partie prenante dans le constat délétère dressé dans ce poème.

Le texte est structuré autour de quelques antithèses ("chaleur", "ce peu de tiédeur" / "froidure", "soleil" / "hiver", "ossements" / "s'entourer de chair") qui en éclairent l'enjeu.

La civilisation contemporaine est une civilisation de la vitesse, de l'éphémère du désir (personnification :  "le présent... sa course"). Elle cultive l'hédonisme, la relation à soi (verbe pronominal à sens réfléchi : "tout le bien qu'on se souhaite", image de la carcasse vide : "les inutiles bruits d’ossements").

La communication, parole sans profondeur, qui tourne à vide, a abîmé la relation à l'Autre ("plaie"). Le véritable échange, gratuit, fécond, est à réinventer ("couture").

Chacun demeure dans l'inaction, dans l'attente ("on pense", "on espère"), guettant un mouvement de l'Autre dans sa direction (animalisation : "rampe sous les draps", image du code à décrypter : "une correspondance par geste") pour atteindre l'horizon désiré mais introuvable d'un comblement perdu (conditionnel : "si l'âme pouvait", "on quitterait", "cesserait", verbe d'action : "s'atteler", adverbe : "enfin", groupe nominal : "espace d’espérance").

Le titre du poème ("Autopsies de l'oubli"), qui s'inscrit dans une réflexion plus vaste, ausculte le champ de ruines de la modernité triomphante.

Merci pour ce partage !

plume bernache
Hors ligne
Inscrit depuis : 09/10/2014
   J'imagine que cette très

 

 J'imagine que cette très belle photo a inspiré le poème.

 

Je comprends peu la première phrase. Les autres me parlent mieux. Du moins j'en apprécie l'harmonie.

J'y vois un message d'espérance à condition de vouloir saisir ce soleil "à la couture d'un hiver" et le peu de chaleur qui rampe sous le drap, plutôt que les bruits d'ossements (dont l'actualité est si friande ).

Mais pas sûre d'avoir compris le sens profond ?

 

 

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