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Je vais vous conter ce que nous avons vécu en ce mardi après-midi, ma collègue-partenaire et moi. Toutes deux nous portions le même justaucorps rouge devant et noir derrière, ou l'inverse si l'on veut car je veux couper l'herbe sous le pied de ceux qui seraient tentés de chicaner. Le soleil brillait et de splendides nuages nous survolaient avec bienveillance. Il n'est pas impossible que des photos aériennes aient été prises…

 

Ma partenaire était chaperonnée par un grand gaillard tout de noir vêtu. À noter l'épais gilet qui pourrait bien être pare-balles. On n'est jamais trop prudent. Quant à moi c'était un charmant monsieur, assez menu, en pantalon beige et blouson bleu pétrole, qui me tenait par la main.

 

J'allais oublier de vous parler de Jaunette le cinquième et incontournable personnage de cette scène bucolique. Quelle danseuse ! Infatigable, elle n'arrêtait pas de bondir avec élégance et souplesse sur  le glacis verdâtre coupé d'un filet qui séparait les deux camps que nous formions. Souvent Jaunette quittait la piste pour le pré mais pas longtemps car l'un des chaperons se hâtait de lui mettre la main dessus. Pas question de batifoler ! Jaunette n'était pas seule sur le glacis. Un invisible  partenaire de danse lui faisait sans préavis prendre des chemins courbes, Mr Wind. Chacun des personnages en justaucorps lui donnait à tour de rôle une amicale chiquenaude. Personnellement je tintais sol tandis que ma vis-à-vis tintait fa dièse. Ceci a fait l'objet d'une expertise in vitro de l'Institut Mimadodu. Cette modeste gamme musicale était accompagnée par les percussions que Jaunette provoquait sur le glacis et sur nos justaucorps. N'oublions pas le chœur des chaperons, pilier de cette geste et dont les voix accompagnaient sa propre gestique pour ne pas dire gesticulation.

 

Maraquette Ben Thibar

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