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Pour que la musique advienne, naisse, il ne suffit pas de jouer ce qui est écrit sur une partition ou ce qui est mieux, de le jouer de mémoire ou encore, de jouer tout simplement, ce que l’on a déjà entendu ou enfin de jouer ce qui vient, spontanément ou avec intention, sous les doigts.

 

La musique a besoin d’être notée, codifiée par des signes graphiques appropriés : notes, clefs, altérations, indications de mesure, silences, soupirs, p, f, etc. Il est nécessaire d’y introduire la recherche de la perfection.

Car la musique possède un langage apparenté à celui des mathématiques. Elle ne souffre pas d’à-peu-près. Ce langage ne peut devenir musique qu’à partir du moment où il est parfaitement maîtrisé. Elle a aussi une analogie avec les produits finis textiles. Un défaut, et le vêtement se trouve en péril. Tout va filer, se détricoter.

 

Il faut ensuite que toute musique soit interprétée avec des accents, l’allongement de certaines notes, leur suspension, des ralentissements, en un mot, dans un certain style, selon le genre et l’époque.

Elle a besoin de tout cela, mais tant que l’on en reste là il n’y a pas encore de véritable musique, seulement un assemblage, une construction sonore plus ou moins agréable (ou désagréable) à entendre.
 
Car la musique naît de l’espace entre les sons et les timbres, au point d’articulation des phrases musicales. Elle naît du silence.

La musique est le Jeu du son et du silence.

Le musicien seul, ou avec d’autres, en est le médium, l’accoucheur. Il lui faut vivre un paradoxe ou une antinomie : la proximité (ou l’amour) et la distance (ou l’objectivité) avec elle. La proximité, cela saute aux… oreilles, mais la distance, il faut du temps pour en découvrir l’impérieuse nécessité… Sans elle, toute musique ne sera jamais qu’un pâté, une pâtisserie, un objet sonore, aussi bien présenté soit-il. Pas nourrissante, indigeste… neutre en tous cas.

Le musicien écoute la musique venir d’ailleurs, d’un ailleurs lointain, indépendant du temps et de l’espace dans lesquels nous vivons.

 

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Commentaires

luluberlu
Portrait de luluberlu
Hors ligne
Inscrit depuis : 24/12/2010
« et puis où commence la

« et puis où commence la musique ? Le bruit de la pluie, du vent, du ruisseau…chant des oiseaux etc…n'est-ce pas déjà de la musique ? » : et puis, celle-là n'est pas écrite (encore que celle des oiseaux ??? la génétique sans doute), juste improvisée.

plume
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Inscrit depuis : 09/10/2014
musique !

 

 Certes cette façon exigeante et perfectionniste de pratiquer la musique apporte des satisfactions. Aux interprètes et aux auditeurs. Les professionnels atteignent ce niveau. Et encore…Cela est réservé à une certaine élite.

 Mais on peut aussi trouver beaucoup de plaisir à pratiquer en amateur. Avec des imperfections mais beaucoup de passion. Bien des improvisations non codées non écrites (chants tribaux, tziganes, jazz, folk…) dégagent un enthousiasme, une émotion qu'on ne trouve pas forcément chez les grands virtuoses.

et puis où commence la musique ? Le bruit de la pluie, du vent, du ruisseau…chant des oiseaux etc…n'est-ce pas déjà de la musique ?

 

 Je crois que chacun a sa conception et son niveau d'exigeance. En attendant, passe un bel été et bons concerts de belle musique…

 

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