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Contraintes : le même jour à la même heure

Résumé du 3e épisode :
Georges se rend chez le cancérologue, en bus puis à pied, mais il met le pied où il ne faut pas, prend un café, arrive et reçoit un appel téléphonique d’Arlette sa demie sœur qui attend chez son gynécologue.

 

Arlette était sortie dans le jardinet mal entretenu pour téléphoner à Georges :

 

« … À dimanche ! Et n’oublie pas tes lunettes de lecture car Georges voudrait te montrer les derniers timbres de sa collection. Il les a trouvés dans un vide-grenier !… Bisous ! »

 

Elle reprit lentement l’escalier en colimaçon et rentra dans la salle d’attente, s’assit et pour meubler son temps se leva et prit le premier Match venu. Sur la couverture branlante, Nicolas et Carla… C’est presque une antiquité, se dit-elle. Elle feuilleta les pages à demi chiffonnées, s’attardant sur une photo, puis sur une autre… Il avait moins de rides à l’époque, pensa-t-elle, mais Carla a toujours cette classe ! Une horloge comtoise rythmait l’attente générale de son tic… tac… lent et cuivré.

 

Sur ces profondes réflexions, la porte capitonnée du cabinet s’ouvrit brusquement et un quinquagénaire aux larges épaules et qui mesurait bien un mètre quatre-vingt-dix apparut. Des cheveux crépus et grisonnants surplombaient une denture d’un blanc éclatant. Le Docteur Mba affichait un large sourire.

 

« Madame Renescure, s’il vous plaît ! »

 

La jeune femme se leva, suivie de son compagnon. Au fait, sont-ils mariés ? Hum, peu probable aujourd’hui, se dit Arlette. Restée seule à attendre elle en profita pour satisfaire sa curiosité bien qu’à sa deuxième consultation. Mais il y avait alors du monde qui attendait. Elle regardait une marine représentant une goélette cinglant toutes voiles dehors. C’est alors qu’un dong retentit. La demie venait de sonner !

 

« Aïe, je ne serai jamais à midi sur le marché, murmura-telle. Je vais envoyer un texto à Jean-Claude, mais pourvu qu’il n’ait pas oublié de prendre son portable… »

 

« Retard d’une heure minimum.
Prends les cabas chez Jean-Marie, le fruitier bio
et retrouve-moi au 13 avenue Duplessis ».

 

Arlette reprit son inspection et avisa un masque taillé dans un bois exotique. Il avait fière allure et pourtant elle n’aurait pas aimé rencontrer un tel masque le soir au coin d’un bois. Et l’horloge ne perdait pas une miette des allées et venues d’Arlette les commentant de son tic… tac… bientôt agaçant. Et soudain…

 

« Elle s’était fait couper les ch'veux… »

 

C’était le portable d’Arlette qui appelait à l’aide. Elle se précipita, fourragea dans son sac et eut, Dieu merci, son mari au bout du… enfin, de l’absence de fil.

 

« Moi aussi je ne suis pas encore passé ! Penses-tu que tes cabas ne se seront pas envolés quand nous arriverons ? Le marché sera terminé et chacun sera en train de remballer marchandise et étals. »

 

« Ne t’inquiète pas. Jean-Marie les aura déposés au bistrot derrière lui. C’est déjà arrivé une fois ! »

 

Et l’horloge n’arrêtait pas d’approuver : tic… tac… tic… tac… tic… tac… tic… tac…

 

 

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Commentaires

plume bernache
Hors ligne
Inscrit depuis : 09/10/2014
pipelettes

 

 Des pipelettes ces horloges comtoises qui papotent à longueur de journée et de nuit et répètent toujours la même chose. Très agaçant en effet ! Surtout dans une salle d'attente.

Connais-tu la chanson de Brel "Les Vieux" où il parle de

"la pendule d'argent qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend…"

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