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Contraintes : le même jour à la même heure

Résumé du premier épisode : Jean-Claude et Arlette ont rendez-vous, lui chez son psychiatre, elle chez son gynécologue. Il est accompagné de Samba, son chien et va garer sa voiture pendant qu'elle fait son marché.

 

Depuis son veuvage Georges s’était un peu replié sur lui-même sans vivre tout de même en reclus. Voilà bientôt trois ans que Sabine l’avait quittée, fauchée par une voiture folle alors qu’elle se rendait à la bibliothèque familiale dont elle était responsable. Leurs trois enfants habitaient bien loin de sa région, deux en France et un en Nouvelle-Calédonie. Et ils étaient eux-mêmes bien occupés par leurs propres progénitures… Mais Georges avait appris à devenir philosophe et il ne leur en voulait pas.

 

Tout en enfilant son pardessus Georges soliloquait :

« Voyons… je prends le bus 4 au bout de la rue et ensuite je descends au Rond-point Poincaré. De là j’en ai pour cinq minutes de marche jusqu’au cabinet du Docteur Emma Jhimagine… Mais quel temps fait-il ? Hum… eh bien non, je ne prends pas mon parapluie. »

 

Mais sur le marché où Arlette venait de laisser ses cabas chez son producteur de fruits bio le ciel se couvrit soudain et… vlan ! une bonne ondée vint rafraîchir tout le monde ! Dieu merci, cela ne dura pas et Arlette se hâta vers le cabinet du Docteur Stanislas Mba, un Franco-Gabonais. Mais à trois mois de sa grossesse il ne s’agissait tout de même pas de courir le marathon ! Elle arriva bientôt au 13 de l’avenue Duplessis. Drôle d’idée que d’avoir élevé au statut d’avenue une rue qui ne possède aucun arbre ! Des arbrisseaux, il y en avait pourtant dans le jardinet d’accès au cabinet, pas très entretenu à vrai dire. Ayant ouvert le portillon et gravi les trois marches du perron, de perron en perron en somme, Arlette appuya sur le bouton sale qui contrastait avec le brillant de la plaque adjacente. « La femme de ménage a oublié de nettoyer ce bouton. » se dit-elle in petto.
Un ding ding dong électrique répondit à la première sommation. Et aussitôt une voix pointue zézéya :

 

« Qui c’est ? »  « Je suis Arlette Labrunie. »

 

Binzz ! Et la porte poussa un hoquet. Arlette n’eut plus qu’à la pousser, non sans difficulté car on avait fait manifestement des économies sur le graissage des gonds. Mais ceux-ci grinçaient si joliment qu’on leur pardonne. Arlette monta un escalier en colimaçon du genre cher à Balzac et poussa la porte mal refermée du cabinet. Ayant décliné son identité à une secrétaire aux cheveux teintés en bleu fluo et sans aucun doute ménopausée, elle pénétra dans la salle d’attente où un jeune couple attendait.

 

« Aie, il a du retard » pensa-t-elle « mais rien ne sert de s’énerver… ».

 

Mais retrouvons Jean-Claude et Samba qui retardait sa marche car il ne manquait aucune station, flairant, les marquant d’un court jet… jusqu’au moment où surgit d’une impasse un corniaud roux à la queue retroussée, chien perdu sans collier. Alors bien sûr on fait connaissance, on se flaire les arrière-trains et à la russe ou à la canine on s’embrasse sur la truffe.

.

« Veux-tu bien ficher le camp, sale bête ! » cria Jean-Claude.

 

« Sale », le corniaud l’était de fait mais seulement au sens… propre car le quidam semblait bien gentil.

 

« Du balai ! » cria encore Jean-Claude, éloignant du pied le quadrupède et il tira sur la laisse de Samba.

 

Et finalement notre duo à six pattes finit par arriver au cabinet du Docteur Freudonet, installé dans une belle maison sise au fond d’une impasse arborée. Pas de sonnette mais une cloche que Jean-Claude fit tinter avec ardeur. Pas de binz électrique pour ouvrir la porte mais une jeune personne avenante.

 

« Entrez Monsieur Labrunie, le Doct…, mais ce chien ?! »
« Le Docteur Freudonet m’a dit de l’amener à la consultation. »
« Ah ! dans ce cas… Mon mari termine une consultation et va vous recevoir.»

 

Jean-Claude retrouve alors le boudoir aux meubles de styles divers mais au charme suranné ! « Couché, Samba ! » Ce dernier contemple d’un air étonné le drôle d’environnement où son maître l’a amené. Des fauteuils à moulures… Seraient-ce des os ? Mais pas de canapé en cuir où se vautrer.

 

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Commentaires

plume bernache
Hors ligne
Inscrit depuis : 09/10/2014
binz

 

 Je sens que Samba va mettre le binz chez le docteur Fredonnet !

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