Accueil

Contraintes : le même jour à la même heure

« Allons, allons ! Dépêche-toi ! »

 

Debout sur le trottoir, moteur ronflant, Jean-Claude, la moustache en bataille, piétinait tandis qu’Arlette, encombrée de ses cabas, descendait les marches du perron. Couché sur la banquette arrière, Samba, un Griffon nivernais, frétillait de plaisir d’être de la sortie.

Claquements de portières, clic-clac des ceintures de sécurité, une main remontant une mèche de cheveux indisciplinée, et nous voilà partis. Tandis que la Volvo contournait le pâté de maisons pour rejoindre l’Avenue Foch, Arlette se voyait déjà dans le cabinet du Docteur Papadopoulos, son gynécologue, pour sa deuxième visite. Serait-ce un garçon, ce premier bébé, pas vraiment le premier car elle avait fait une fausse couche ? Et reprenant pied dans l’actualité proche… elle devrait avoir le temps de faire son marché, d’y laisser ses cabas remplis et d’être à 11 heures pour son rendez-vous, car le cabinet se trouvait dans une rue parallèle à la Place du 8 Mai.
 
« Bon, je te reprends ici à partir de midi. D’accord ? N’en bouge pas en cas de retard ! »

 

Et déboîtant, Jean-Claude tout jeune retraité se demandait où il pourrait stationner car en ce jour de marché c’était pas gagné. Il devrait certainement s’éloigner du centre-ville et revenir à pied pour son rendez-vous chez le Docteur Freudonet. Voilà qui n’allait pas déplaire à Samba. De longs trottoirs, plantés de réverbères, aux recoins prometteurs en découvertes olfactives. Il ne manquerait pas d’y déposer ses cartes de visite.

Tout en parcourant le marché, allant d’un étal à l’autre, Arlette était très préoccupée et, en pensée, très loin du marché…

 

« Et avec ça Madame ?… »
« Je vous recommande ce rouget-là. Il vient d’arriver ! »

 

Arlette qui n’écoutait pas, avançait machinalement car elle pensait à Georges, son demi-frère aîné, atteint d’une tumeur au cerveau et qui avait justement un rendez-vous chez son cancérologue le même jour dans la ville voisine. Précisons qu’Arlette était la cadette de sa fratrie et qu’elle était vingt-six ans plus jeune que lui. Ils étaient pourtant très liés.

 

5.04
Votre vote : Aucun(e) Moyenne : 5 (3 votes)

Commentaires

Manuella
Portrait de Manuella
Hors ligne
Inscrit depuis : 09/08/2015
C'est parti ! Tout est en

C'est parti ! Tout est en place !

enlightened

Lauris TAN
Hors ligne
Inscrit depuis : 05/12/2016
J'aime bien le style et les

J'aime bien le style et les phrases humoristiques que tu utilises:

 

Voilà qui n’allait pas déplaire à Samba. De longs trottoirs, plantés de réverbères, aux recoins prometteurs en découvertes olfactives. Il ne manquerait pas d’y déposer ses cartes de visite. : celle-ci, je l'adore !

 

Par contre je ne comprends pas cette ponctuation : pas vraiment le premier car elle avait fait une fausse couche ? , pourquoi un ?

 

 

Mais j'aime beaucoup ce début et j'ai hâte de lire la suite.

plume bernache
Hors ligne
Inscrit depuis : 09/10/2014
  Il y a du mouvement, des

  Il y a du mouvement, des sons, des odeurs (surtout pour Samba), de la vie.

Et au milieu de tout cela, les personnages s'évadent en pensée, préoccupés par des problèmes familiaux.  Très plausible et touchant.

luluberlu
Portrait de luluberlu
Hors ligne
Inscrit depuis : 24/12/2010
Oups : « Debout sur le

Oups : « Debout sur le trottoir, moteur ronflant, Jean-Claude, la moustache en bataille, piétinait tandis qu’Arlette, encombrée de ses cabas, descendait les marches du perron. » staccato non ? juste un excès de virgules... C'est néanmoins correct.

 

À part ce détail, un texte vivant et plaisant (malgré le contexte).

« Debout sur le trottoir, moteur ronflant, Jean-Claude, » : ça c'est rigolo laugh !

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires