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l’hiver aux doigts crochus

s’agrippe à mes frissons

pendant que je t’attends
 

de ma terre de femme s’élève un chant sauvage

dont l’écho se fait lourd

dont l’écho se fait vain

dans l’épaisseur du soir
 

voilà cent ans au moins que j’espère ta voix

pour m’annoncer l’aurore

et lever la froidure

 

les champs parcheminés

s’étalent sous la neige

et grelottent tout bas

vides sillons de glaise attendant le redoux

comme j’attends ton pas

 

paix ! mon ventre en sommeil

il n’est pas temps d’aimer

un blé semé trop tôt ne voit jamais le ciel

 

quelque cri d’oiseau noir monte à l’assaut du vent

comme un vain sacrifice

car l’espérance crisse

sur le tableau des ans

quand on veut hâter l’heure
 

ainsi vient le printemps : il arrive en sursaut

au rythme de sa joie

déferlant comme l’eau

sans se mêler du temps

ni de notre impatience

 

comme à fleur de dégel

mon âme s’habille de brume

irisant les contours de mes souhaits mouvants

et inlassablement

comme un marin de terre égaré sous la lune

tu manques à mon appel

 

pourtant

je te sais si vivant aux lisières de mon cœur

où dans mes rêves bleus tu arpentes la vie

comme un marcheur d’étoiles

j’attends de t’accueillir au creux de ma douceur

pour mêler nos racines et gréer notre voile

 

au repos des pourquoi

sous mon limon de femme qui garde sa chaleur

en dormance

en patience

je protège ma source, y couvant mes promesses

comme sauvage louve

jusqu’au lever de joie

 

 

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Commentaires

plume bernache
Hors ligne
Inscrit depuis : 09/10/2014
   Qu'il est bon de relire un

 

 Qu'il est bon de relire un tel texte quand "l'espérance crisse

sur le tableau des ans"…Encore merci.

tanou
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Inscrit depuis : 06/03/2016
levé de joie

comme à fleur de dégel

mon âme s’habille de brume

et inlassablement

comme un marin de terre égaré sous la lune

tu manques à mon appel

 

Je vibre à ces vers

 

SUPERBE

Ne demande pas ton chemin, tu risquerais de ne pas te perdre.

brume
Portrait de brume
Hors ligne
Inscrit depuis : 12/10/2014
Bonjour Tinuviel

« de ma terre de femme s’élève un chant sauvage »

Ce vers est magique. 

J’entends la voix de la narratrice, je ressens son bonheur tant attendu. Les vers sont doux, harmonieux, sans accroc. 

Dès les premiers vers, je suis emportée et subjuguée par ce poème d’amour à la sensibilité à fleur de peau. Vos images sont belles, accessibles et enveloppées d’une tendresse à couper le souffle. 

plume bernache
Hors ligne
Inscrit depuis : 09/10/2014
doux et puissant

 

 Bonjour,

C'est beau, doux et puissant à la fois.

Que de belles images, si justes, poétiques…

 

"comme à fleur de dégel

mon âme s'habille de brume"

 

"jusqu'au lever de joie" (entre autre, car tout est remarquable)

 

Magnifique.

Merci.

A.Nonyme
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Inscrit depuis : 12/10/2014
         Vous vous étiez

         Vous vous étiez faite silence, absence,dormance... C'est toujours aussi émouvant... Sous la crôute de l'hiver la vie est à fleur de mots... merci 

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