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Texte évolutif : les contraintes

Les Opus 1, 2 et 3 ont été lus en atelier. Nous on sait. yes

 

Opus 4

 

La sonnette de la vieille épicerie retentit. Mlle Beaupoil de la Minaudière entrait, clopinant, portant, outre son grand âge, un cabas débordant de vieux journaux.

Les quelques clients de ce lundi matin se regardèrent d’un air entendu, un léger sourire au coin des lèvres, une tendre compassion au fond des yeux : Mlle de... n’avait plus toute sa tête, tout le monde le savait. Dernière représentante d’une longue lignée de particules, c’est bien tout ce qui lui restait contrairement à la partie tête. Pauvre chère demoiselle... Pauvre ? Elle ne l’était point. Elle possédait encore le château de ses ancêtres, largement entouré de plusieurs hectares de forêts, terres cultivées et même d’un haras.

Son notaire, aux petits soins pour elle, gérait (avec des soins beaucoup plus grands, ceux-là) sa fortune. Bedaine proéminente et souliers grinçants bien cirés, on le voyait presque quotidiennement, à petits pas pressés, remonter l’allée du château. Maître Fouissard veillait au grain... Il avait eu le nez creux en s’arrogeant les bonnes grâces de Mlle de la Minaudière. Plus aucun parent éloigné n’était apparu après maintes recherches. Un cadeau du Ciel ! La chance était au rendez-vous et lui souriait délicieusement...

Fils d’instituteur, bercé de paroles socialistes et de préceptes républicains, il avait jusque-là franchi le portail de la bourgeoisie et s’en accommodait ma foi sans difficulté. Le rose était devenu mauve, et de plus en plus bleu. Après la mort de ses parents, Maître Fouissard ne cachait plus ses opinions de droite. Et... depuis que Mlle de la Minaudière était entrée dans sa vie, il se surprenait parfois à voguer sur quelques pensées royalistes... Après tout, ça avait de la gueule !

Quinquagénaire, célibataire, il prenait tout son temps pour dorloter son inestimable cliente. Il était certes régulièrement invité au château, mais n’arrivait jamais sans quelques menus cadeaux. Fleurs ou chocolats suivaient toujours le baisemain. Il se voyait déjà fils adoptif de la bonne demoiselle...

— Vous êtes ma seconde mère, disait-il, et j’ai pour vous tout le respect et la tendresse d’un fils !... Tendresse était un peu osé. Il y avait réfléchi et longtemps hésité. Mais dans la vie, il faut savoir oser parfois pour ne pas laisser passer sa chance.

La vieille dame recevait royalement ces hommages. Dans les conversations qui souvent n’avaient ni queues ni têtes, tant la pauvre créature avait du mal avec la notion du temps qui passe, il s’arrangeait pour être de son avis, lui donner raison, lui prouver qu’ils se ressemblaient tellement, qu’ils étaient presque du même sang...

Mais voilà : il faudrait bien en arriver un jour au testament. Ce jour-là serait un grand jour... Il y travaillait depuis si longtemps, régulièrement. L’obstination d’une araignée tissant sa toile. C’était l’œuvre de toute une vie, son chef-d’œuvre...

Depuis quelque temps, Colombe de la Minaudière s’était parfois trompée de chemin pour rentrer au château. Maître Fouissard s’était empressé de lui fournir une boussole, car depuis le parvis de l’église le domaine était plein Nord, ce que l’aiguille tremblotante indiquait immanquablement.

Après avoir payé son fil de couleur et sa petite boîte de cachous, notre Colombe rangea méticuleusement ses achats et son petit porte-monnaie à l’abri sous ses vieux journaux. Elle salua gracieusement tout le monde, et reprit le chemin du bercail. Arrivée devant l’église, elle sortit la précieuse boussole, mais celle-ci refusa son aide en coinçant obstinément la méchante petite aiguille qui devait lui indiquer la direction du retour. Bof ! qu’à cela ne tienne. Elle saurait bien se débrouiller toute seule... Elle devait se hâter de rentrer pour attendre le retour d’école de la petite Lili dont la maman travaillait au château. Lili, c’était une petite compagne pour elle. Elle voulait lui montrer sa dernière broderie et Lili adorait les cachous.

Sur le chemin, l’automne allumait ses arbres un à un, et cette débauche d’or et de pourpre ravissait le cœur de notre douce demoiselle. Elle éprouvait cette émotion qui nous déshabille jusqu’à l’âme et nous laisse plus vulnérable qu’un nouveau-né. Cette émotion que d’aucuns appellent Beauté ou Amour, ou même d’autres Dieu... Cette fulgurance de bonheur...

De nouveau, elle était enfant et cherchait à collectionner les plus beaux spécimens.

De l’autre côté du fossé, une feuille d’érable lui fit signe de toutes ses nuances d’orangé. Malheureusement un talon de bottine se prit dans une racine, et notre Colombe Beaupoil de la Minaudière plongea sans ménagement la tête la première contre un affleurement de rocher bien placé là pour servir le destin. Le choc fut brutal, irrémédiable, sans appel. La dernière descendante de cette longue lignée aristocratique venait de s’éteindre au fond d’un humble fossé de campagne, une feuille d’érable à la main. Qu’allaient penser ses glorieux ancêtres chevaliers, morts au combat dans les douves de leur château, épée à la main ?...

Pour l’heure, mademoiselle Colombe sortit de son corps, toute étonnée, et se retournant aperçut sa dépouille, jupe retroussée, ses cuissettes blanches de poulette déplumée dans un amas de jarretelles et vieilles dentelles... Qu’aurait dit Mlle sa gouvernante ? vous devez vous asseoir jambes serrées... Ne vous adossez jamais au siège... Tenez-vous droite... etc., etc. Tout ce temps de vie corsetée de conventions et de masques bien ajustés... Quel gâchis ! Une vie un peu volée...

Pourtant Mlle Colombe avait eu aussi des moments de vrai bonheur. C’était une âme simple et aimante. Elle avait adoré sa chère campagne et s’était délectée de ces moments privilégiés dans la nature. Son chien Rex avait été pour elle l’amour de sa vie, le seul compagnon qui comptât et ne l’avait jamais déçue. Elle avait encore son fascinant regard accroché dans le cœur. Elle espérait le rejoindre dans un monde meilleur, et ce moment était donc venu. Mais avant, elle jeta un regard satisfait et tant soit peu goguenard au cabas duquel tout le paquet de journaux s’était échappé : une large enveloppe était bien visible à l’adresse de la SPA. Mlle B. de la Minaudière y léguait toute sa fortune à la Société Protectrice des Animaux !... Il était là le fameux testament ! Que ferait ce pauvre Maître Fouissard ! Tout ce temps perdu... Tous ces efforts pour rien... Il risquait d’en perdre ce qui lui restait de cheveux...

Elle aperçut aussi le fil de couleur qu’elle venait d’acheter et regretta de ne pouvoir finir sa dernière broderie. Et la boîte de cachous ! Une boîte toute neuve ! C’était vraiment trop bête ! Il fallait donc tout laisser... Ainsi c’était çà la mort ? Un abandon total et subit de toutes nos petites addictions ? Quelque part une délivrance. Après tout ce n’était pas si terrible que çà ! Pas la peine d’en faire toute une histoire. Et puis quand c’est fait, c’est plus à faire. Quand on est mort c’est pour la vie !...

Notre nouvelle Colombe se retourna, siffla joyeusement :

— Rex, mon chien, c’est moi, vient, on part en balade, et pour longtemps !

Dans son Nouveau Monde, Mlle de la Minaudière accompagnée de Rex rencontra soudain un homme assez désemparé. Il avait l’air de ne pas savoir où il était, de ne pas connaître les lieux. Un petit nouveau sans doute !... Pauvre garçon pensa Colombe. Son bon cœur était resté le même. C’est une chose qu’elle venait d’apprendre : l’amour qu’on avait en soi, on l’emportait avec soi, et on le gardait pour toujours. Ce malheureux avait dû quitter la vie dans de bien mauvaises conditions...

Les présentations se firent et ce jeune homme, la trentaine à peu près, déclara déjà connaître Colombe de la Minaudière. Il parut même content et soulagé de la rencontre.

— je suis votre banquier Richard Friquet chère mademoiselle. Mais où sommes-nous ? Je suis arrivé ici depuis quelque temps. Je pense être malade. Tout m’est étrange. Je circule dans des lieux que je reconnais, mais qui ne sont pas tout à fait pareils. Je passe à travers des objets. Je dois être vraiment très malade. Vous aussi vous arrive-t-il la même chose ? Je m’adresse à des gens qui ne me répondent jamais. Je crois qu’ils ne me voient pas.

— Cher monsieur Friquet, vous n’avez pas conscience d’être passé dans un autre monde : l’autre monde ! Nous sommes morts comprenez-vous ? Mais vous êtes jeune, que vous est-il arrivé ? Je ne vous connaissais pas. C’est mon notaire Me Fouissard qui s’occupait de mes affaires.

— Ah oui Me Fouissard... C’est avec lui que j’ai fait pas mal de malversations à la banque ! C’était devenu invivable. J’avais sans arrêt la peur au ventre, la sueur dans le dos. Des cauchemars toutes les nuits, je ne dormais plus beaucoup. J’avais dit à Me Fouissard que j’allais démissionner.

— Et alors ? que s’est-il passé au juste ?

— Je n’ai pas eu le temps de détruire tous les comptes compromettants sur mon carnet. Il restait deux pages à détruire, quand d’un geste maladroit, le carnet en question et les pages déchirées m’ont échappé des mains et le tout est tombé à l’eau.

— À l’eau ?

— Oui, j’étais au bord du canal, c’est idiot...

— Mais mon p’tit, c’est en effet vraiment stupide ! On ne fait pas ce genre de chose comme on détruirait une lettre d’amour. Ce n’est pas sérieux voyons ! Qu’avez-vous fait ensuite ? (qu’est-ce qu’elle y connaissait en lettre d’amour la pauvrette, se demanda Richard Friquet ?)

— Eh bien j’ai sauté dans l’eau.

— Bien ! excellent réflexe !

— Heu... non. En fait, je n’ai jamais su nager...

— Ah ! oui en effet, c’est ballot... ceci explique votre venue dans ce monde-ci.

— Oui... n’y a-t-il aucun espoir de récupérer mon carnet ?

— Jeune homme ! ici vous n’avez plus besoin de votre carnet, je crois. Le seul qui pourrait se faire des cheveux blancs serait Me Fouissard, mais ça tombe bien, la dernière fois que je l’ai aperçu, il ne lui en restait plus beaucoup sur son crâne. Allons plutôt voir nos amis au village. Je m’inquiète un peu pour la petite Lili. C’est une enfant tellement adorable... Je voudrais aussi savoir ce qu’il va advenir de mon testament. Je le cachais dans mon cabas parmi de vieux journaux. J’espère qu’ils ne vont pas tout jeter, avec leur manie de tout ranger dans leurs boîtes-ordinateurs qu’on ne peut même pas ouvrir comme un secrétaire !... On ne garde plus aucun papier... Quelle époque ! Un fil à broder tout neuf... et une boîte de cachous même pas entamée... (voilà qu’elle déraille de nouveau, pensa Richard Friquet...)

C’est ainsi que nos deux nouveaux fantômes se retrouvèrent au bord du fossé fatidique, incognito bien sûr, parmi des gens du village que la petite Lili avait été chercher.

En effet, quelques instants auparavant, la petite Lili, huit ans bien avancés, revenait de l’école ce lundi après-midi, par un beau temps d’arrière-saison. La maîtresse avait demandé de faire moisson de tout bel objet parlant de l’Automne. La petite avait aussitôt pensé à un certain sentier bordé d’érables aux feuilles d’or. Elle choisirait les plus belles et saurait les assembler, les coller pour en faire un merveilleux tableau. La feuille la plus large serait une robe de danseuse, une plus petite serait le corselet. Le ginkgo, près de l’école, avait déjà fait don d’une tête en forme de cœur qu’elle pencherait, comme ça, un peu en arrière. Quant aux bras et aux jambes, c’est le saule près de l’étang de sa grand-mère qui les lui fournirait. Un peu de mousse au pied ferait du plus bel effet, et pourquoi ne pas chiper en passant, sans avoir l’air, un de ces petits chrysanthèmes jaunes qui passent leur tête comme des commères à travers la grille du presbytère ? Sur la feuille, en haut à gauche, il éclairait déjà, et ça serait le plus beau soleil du monde...

La fillette, toute à son bonheur du moment, était partie en sautillant vers le sentier aux feuilles d’or.

Dans le fossé, plus bas, Mlle Colombe dormait dans un désordre de cotillons et fanfreluches. Lili avait stoppé net. Elle connaissait bien la vieille demoiselle si gentille, puisque sa maman travaillait au château où elle était une habituée des lieux. Pourtant elle n’avait jamais vu Mademoiselle dans une telle tenue, dormant dans un fossé ! C’est quand elle avait aperçu le mince filet de sang qui coulait de la bouche de la vieille dame qu’elle avait compris sans comprendre et avait été prise d’une peur panique.

Un grand cri était enfin sorti de sa gorge et elle était repartie vers le village à toutes jambes. Elle était entrée en trombe dans la petite épicerie, le visage en larmes. Elle aimait tellement Mlle Colombe toujours si gentille avec sa Lili, sa Lisette, son Liseron... C’était comme une autre enfant cachée dans une peau de vieux.

Après maints hoquets de peur et de chagrin, la fillette avait fini par demander qu’on vienne en aide à Mlle Colombe qui dormait au fond d’un fossé dans le sentier aux feuilles d’or… alors, on se précipita. On sortit la dépouille tel un oiseau tombé du nid. Elle pesait si peu, elle était si légère... On devait ramener Mademoiselle en son château. On ramassa le cabas, les journaux, le fil et les cachous. Mr le maire qui se trouvait là avait vu la belle enveloppe. Un caillou facétieux avait fait une déchirure et le testament de Mlle Colombe avait eu des velléités d’escapade... Le maire et toutes les personnes présentes, en toute innocence, lurent le papier fuyard et furent au courant du testament de la châtelaine. On le remettrait sans tarder à Me Fouissard.

Mlle Colombe-fantôme aurait bien voulu essuyer les larmes de sa petite Lili, mais elle n’en avait plus le pouvoir. Et puis les larmes font partie de l’éducation d’une vie. Peut-être le sel de la vie...

Par contre, elle riait sous cape (sous sa cape invisible, bien sûr) de voir la tête éberluée de tout le monde à la lecture du testament. Mais la plus drôle était quand même celle de Richard friquet qui avait assisté son client Me Fouissard dans ses pérégrinations si laborieuses en quête d’un héritage...

— Ça alors, elle est forte, très forte. Quand je pense qu’avec ses airs de première communiante elle cachait bien son jeu ! Et l’autre Froussard, heu... je veux dire Fouissard qui lui a fait des ronds de jambe pendant des années ! Tous ces baisemains ridicules, toutes ces tasses de thé, le petit doigt en l’air, la pointe des chaussures ramenées en canard sous son gros ventre... Le gilet de son costume trois-pièces en riait scandaleusement entre les boutons qui demandaient grâce... Mais lui continuait de sourire béatement à toutes les niaiseries de la vieille !...

— Hé là, jeune homme, vous oubliez qu’ici toutes les pensées sont entendues de tous. Nous n’avons plus besoin de langage. Un peu de tenue s’il vous plaît. Et je me permets de vous faire remarquer que désormais nous avons le même âge. Non, mais, vous vous croyez où ?

Là-dessus toutes les têtes se retournèrent au son d’un pas lourd et cadencé. Un homme, dans la force de l’âge, en tenue de militaire, portait allègrement un gros sac sur l’épaule. Il fut un peu surpris de ce rassemblement de gens sur le bord du chemin et s’arrêta quand il vit le corps d’une vieille dame étendue là. En bon citoyen il proposa son aide, mais il lui fut répondu que la pauvre créature n’en avait plus besoin. Elle avait fini son séjour dans cette vallée de larmes : c’était ce que disait Mr le curé qu’on avait fait chercher en toute hâte.

Le jeune homme, ne se sentant pas utile, allait continuer sa route quand la femme de l’épicier, qui ne pouvait pas s’empêcher de se mêler de tout et surtout de ce qui ne la regardait pas, engagea la conversation.

— Alors, comme ça, vous venez chez nous pour quelque temps ?

— Oui, je suis en permission. Je dois me rendre chez un notaire, Me Fouissard.

Un silence intéressé se fit et tous les regards se fixèrent sur le jeune militaire, à part bien sûr celui de Mlle Colombe qu’on oublia subitement et qui dormait toujours sagement étendue, cette fois, sur le bord du fossé.

La bonne langue épicière enchaîna :

— Vous le connaissez ?

— Eh bien non. Pas encore. Ma mère, avant de mourir m’a donné son adresse. Je dois lui remettre un objet un peu spécial qu’il lui avait offert quand ils faisaient leurs études de Droit ensemble.

— C’est quoi ? demanda la petite Lili à travers ses larmes à peine séchées.

— Voyons Lili ! dit l’épicière, çà n’est pas très poli. Le monsieur n’a peut-être pas envie de te le dire, n’est-ce pas ? fit-elle avec un regard insistant planté dans celui du militaire...

— Mais si, voyons, ce n’est pas un secret d’État. Il s’agit d’une pierre contenant l’empreinte fossile d’un petit dinosaure. C’était le seul cadeau qu’elle avait eu de lui... à part moi bien sûr, ajouta-t-il comme pour lui-même.

— C’est toi le cadeau ? reprit Lili incorrigible, les yeux écarquillés.

— Et oui, murmura le jeune homme un peu gêné, je suis le fils de ce monsieur.

Plus personne ne s’occupait de la dépouille colombine. Cette pauvre Mlle Colombe continuait de décorer le bord du chemin en attendant qu’on veuille bien la ramener dans ses pénates. La nouvelle était de taille !

— Ah le gredin ! pensa tout fort le fantôme-Colombe, il avait un enfant dans la nature et il osait faire lourdement allusion à sa solitude ?

— Vous avez raison, renchérit le fantôme-richard, quel coquin, c’est scandaleux !

— Oh vous ! comment osez-vous parler de scandale ? Il est vrai que vous connaissez bien le sujet, après tout ce que vous avez fricoté avec lui !

Je l’aimais mieux quand elle n’avait plus toute sa tête, pensa Richard... Elle était plus sympa. Et dire que je vais devoir me la supporter pour l’éternité... Le plus veinard, c’est encore ce Fuyard, heu... je veux dire ce Fouissard !

Si veinard que çà, Me Fouissard ? Me Fouissard, ah oui pauvre Me Fouissard... Il en tomba malade. Le destin venait de frapper et frapper fort. Il n’allait pas s’en remettre... Au bout de quelques semaines, il cessa ses activités et fut admis dans une maison spécialisée. Il avait tout perdu. La particule et la partie tête à la fois. Il n’avait plus que son gros ventre, et même ses chaussures grinçantes et bien cirées n’étaient plus que des Charentaises... Avec son petit argent de poche, il allait de temps en temps s’acheter une petite friandise, et ce jour-là, il sortit de son petit porte-monnaie un billet sur lequel était dessiné un petit cœur. Mlle B. Colombe de la Minaudière avait eu cette habitude agaçante de dessiner un petit cœur dans un coin de ses billets de banque. C’était un signe de reconnaissance dans l’espoir de retrouver le billet !

 

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Commentaires

barzoï (manquant)
meta-mort-fausse

J’ai passé un moment délicieux, enchantée par le style et l’histoire tout en rebondissements, un magnifique travail, drôle, rythmé, le voyage est garanti. Une verve picaresque une ambiance « arsenic et vieilles dentelles ». Je viens de lire tout ce que je demande à un livre. Surtout bonne continuation.

Que vive le Talent !

plume bernache
Hors ligne
Inscrit depuis : 09/10/2014
cocasserie élégante

 

 

J'aime beaucoup la cocasserie de cette histoire . Une cocasserie élégante servie par le style légèrement suranné parfaitement adapté à mademoiselle Colombe de la Minaudière…(et ses cuissettes de poulette)
Bien sûr, la poésie est présente aussi : le passage où la petite Lili fait sa récolte de feuilles d'or et de ces petits chrysanthèmes jaunes qui passent la tête comme des commères à travers la grille du presbytère.
Un peu de politique et de philosophie : le changement  progressif de couleur politique de Me Fouissard, la réflexion sur la mort, abandon total de toutes nos petites addictions (fils de couleur et cachous…) , c'est vrai, pas besoin d'en faire toute une histoire !angel

 

Chère madame A.Nonyme, plus moyen dorénavant de prétendre que tu ne sais pas écrire l'humour !!! Le gilet du costume trois pièces de Me Fouissard en rirait scandaleusement entre les boutons qui demandent grâce…

kiss

 

 

luluberlu
Portrait de luluberlu
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Inscrit depuis : 24/12/2010
C’est drôle avec un humour

C’est drôle avec un humour parfois un peu caustique... Y aurait-il des différends bombà régler avec la gent notariale et bancaire$) ? Je me suis beaucoup amusé en le lisant. Un très bon moment, d’autant que le style est tiré au cordeau. H)good

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