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Il portait sa femme

Sur l’épaule,

Elle portait l’enfant

Dans son sein.

Il tirait la rame

Vers le môle,

Elle rythmait le chant

Des marins.

Il jouait sa vie

Comme un rôle,

Elle aimait le vent

Comme un bien.

Il fuyait l’envie

Comm’ la geôle,

Elle mordait ses ans

Comme le pain.

 

Il y a mille fois longtemps

Qu’Il et Elle

Attendent

Il y a mille fois longtemps

Qu’Il et Elle

Attendent l’Enfant

 

Il portait sa joie

Au visage,

Elle chassait l’amour

Sur les vagues.

Il dictait sa loi

Aux orages,

Elle comptait les jours

Sur les algues.

L’Enfant fit son cri

Sur la plage,

Sur le goémon

Du rivage,

Il et Elle ont dit

Qu’elle est belle,

Nous l’appellerons

Philomèle.

 

Il y a mille fois longtemps

Qu’Il et Elle

Attendaient

Il y a mille fois longtemps

Qu’Il et Elle

Attendaient l’Enfant

 

Il porte l’Enfant

Sur l’épaule,

Elle serre l’amant

Sur son sein.

Il tire la rame

Vers le môle.

Elle chante la flamme

Des marins.

Tous trois se disent

Des mots drôles,

Tous trois se sourient

Pour un rien.

Presque furtiv’ment

Ils se frôlent,

Sous le firmament

Ils sont bien.

 

 

Il y a mille fois longtemps

Qu’Il et Elle

Regardent

Il y a mille fois longtemps

Qu’Il et Elle

Regardent l’Enfant

 

 

 

5.04
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Commentaires

tanou
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Inscrit depuis : 06/03/2016
PHILOMELE

 

Bonjour Myndie

Que répondre à ces compliments ?

Simplement que je vous remercie pour de votre intérêt pour mes petits mots.

A plus tard...

Ne demande pas ton chemin, tu risquerais de ne pas te perdre.

plume bernache
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Inscrit depuis : 09/10/2014
Les yeux ne suffisent pas

Les yeux ne suffisent pas pour goûter ce texte. Il faut la voix…

 Poésie douce cadencée ou carrément slamée, j'ai essayé les deux…et ça marche pareillement.

Et je l'aurais bien chanté si je savais le faire, cela me fait penser à quelque complainte bretonne…

quoi qu'il en soit, j'aime beaucoup la douceur de cette histoire et la poésie des mots.

myndie
Portrait de myndie
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Inscrit depuis : 11/10/2014
Philomèle

Un bien joli poème qui m’a immédiatement évoqué Prévert par la douceur presque enfantine de ses images, par sa construction qui scande les vers et pourrait en faire un poème chanté, et par ses répétitions, ces « plis de langage » comme disait Barthes, qui lui donnent ses airs de rengaine, voire de comptine.

Moi en tout cas, je suis sensible à la musicalité de vos vers, à leur coloration émotive, comme je peux l’être à la lecture de Prévert ou de Desnos. Et aussi à tout ce que je perçois entre les lignes, symboliquement, et qui en fait toute la force imaginative et poétique.

 

myndie

tanou
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Inscrit depuis : 06/03/2016
Philomèle

Bonjour Barzoi, Plume, Luluberlu et Manuella

Il me fait très plaisir que vous ayez aimé ce petit texte.

Je l'ai écrit en pensant à la vie qui vient et qui va.

La vie est simple comme l'amour.

A+

Ne demande pas ton chemin, tu risquerais de ne pas te perdre.

Manuella
Portrait de Manuella
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Inscrit depuis : 09/08/2015
Chanson, poetique à fredonner

Chanson, poétique à fredonner sur la plage en regardant le large !

 

J’aime le refrain :  il y a mille fois longtemps              

                            Qu’Il et Elle

Plume a raison le refrain donne un coup de rame au texte. Son rythme, aux « Petits tableaux » de vie d’une famille vouée à la mer.

On ressent la force, la difficulté, la joie dans une progression logique.

On imagine très bien une vie entière, via peu de lignes. Une histoire ; d’amour, de vie, de famille.

 

J’ai adoré+++

enlightened

luluberlu
Portrait de luluberlu
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Inscrit depuis : 24/12/2010
Un poème à psalmodier ou à

Un poème à psalmodier ou à chanter (comme le rossignol du même nom). J'aime bien l'analogie de Plume à propos des coups de rames.

Elle chassait l’amour

Sur les vagues.

Il dictait sa loi

Aux orages,

Elle comptait les jours

Sur les algues.

plume bernache
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Inscrit depuis : 09/10/2014
Il et Elle

 

 Chaque phrase semble un coup de rame qui propulse ce couple dans la vie.

Une vie de marins. De marins parents. De parents heureux.

 

 L'histoire est si originelle que j'ai cru qu'il y avait une référence mythologique ou biblique… Adam et Eve (qui n'auraient pas quitté le paradis ???)

 

 Merci pour ce beau texte doux et apaisant.

 

 

barzoï (manquant)
Philomèle.

Quel joli poème...

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