Accueil

Hors saison : Francis Cabrel       

 

C’est le silence qui se remarque le plus.

les volets roulants tous descendus

de l’herbe ancienne dans les bacs à fleurs

sur les balcons

on doit être hors saison.

 

À l’aube frissonnante dans les sous-bois mouillés

des contingents d’oiseaux ont repris la parole

sur des sentiers tordus une herbe a repoussé

un bâton délaissé rêve de randonnée

la sauvagine a repris ses quartiers

on doit être hors saison.

 

La mer quand même

dans ses rouleaux

continue son thème

sa chanson vide et têtue

pour quelques ombres perdues

sous des capuchons

on doit être hors saison.

 

 

Les arbres ont gardé leurs stigmates d’été

cicatrices des amours gravées

si leurs feuilles rougissent

c’est par sève d’automne

l’araignée obstinée tend

sa toile de nuit

en larmes de rosée

on doit être hors saison.

 

 

Une ville se fane

dans les brouillards salés

la colère océane est trop près

les tourments la condamnent

aux écrans de fumée

personne ne s’éloigne du quai

on doit être hors saison.

 

Une fougère brune sa résille rouillée

dévoile un mousseron

au chapeau basculé

et la bise bouscule les branches

enchevêtrées

on doit être hors saison.

 

 

 

 

On pourrait tout prendre

les murs les jardins les rues

on pourrait mettre

aux boîtes aux lettres nos prénoms dessus

ou bien peut-être un jour

les gens reviendront

on doit être hors saison.

 

Les bêtes ont transhumé

la vieille bergerie

qui semble abandonnée

laisse pourtant filtrer ce voile de fumée

ou bien est-ce une brume

montée de la vallée ?

on doit être hors saison.

 

 

 

La mer quand même

dans ses rouleaux

continue son même thème

sa chanson vide « où es-tu ? »

tout mon courrier déborde

au seuil de ton pavillon.

on doit être hors saison

 

 

La montagne a gardé

dans ses ombres perfides

l’écho de mes appels

que jamais n’entendis

je dois être hors saison.

 

 

5.01
Votre vote : Aucun(e) Moyenne : 5 (2 votes)

Commentaires

plume bernache
Hors ligne
Inscrit depuis : 09/10/2014
me croire

 

 Merci beaucoup Manuella de t'être arrêtée sur mes textes . Tes commentaires sympathiques me touchent.

 

 Ma mère m'aurait dit : 

 

"Il ne faudra pas te croire hein ?"

 

Je vais essayer mais je ne promets rien !

 

 amicalement plume

Manuella
Portrait de Manuella
Hors ligne
Inscrit depuis : 09/08/2015
Ce matin je me mets à jour,

Ce matin je me mets à jour, dans la lecture de tous les textes que je n'ai pu découvrir en mon absence.

 

Stop Plume j'ai la tête qui me tourne, par tous les parfums, les gifles, les caresses, que tu m'assènes.

 

Sans parler des battements de coeur que tu sucites volontairement( j'en suis sûre), pour me perdre dans la débauche d'émotions irrépressibles.

 

Bref, continues,

 

C'est si bon angel

enlightened

luluberlu
Portrait de luluberlu
Hors ligne
Inscrit depuis : 24/12/2010
Même avis que Brume (le PS.).

Même avis que Brume (le PS.). Merci pour ce très beau poème... ceci écrit sans flagornerie. Une cerise sur le gâteau que ces ellipses : « que jamais n’entendis » et « c’est par sève d’automne » qui contribuent à l'élégance de ce poème.

brume
Portrait de brume
Hors ligne
Inscrit depuis : 12/10/2014
Bonjour Plume

Pour moi certain retour à la ligne casse la fluidité, ça m'a gâché le plaisir de lecture, pourtant vos vers sont jolis, c'est un beau poème, mais j'ai trop trébuché sur le rythme.

Même dans des vers courts les retours à la ligne doivent être aussi efficaces qu'une ponctuation.

 

 

PS: Oup's je viens d'écouter la musique du coup mon commentaire est hors sujet, je lis vos vers autrement, oublions le rythme, je trouve votre poème très beau.

A.Nonyme
Hors ligne
Inscrit depuis : 12/10/2014
                  Un grand

        

         Un grand merci à Plume pour ce beau frisson de poésie qui nous laisse sans voix... C'est du grand art...

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires