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RB
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Écrire convient-il à la poésie...

cette belle réflexion, en ce qui concerne l'écriture...

Problème. Écrire convient-il à la poésie, il y a tant de poèmes et tous à crans de tourbillon. Si écrire convenait au poème, un suffirait, un de chaque. La pièce s’ajusterait comme s’ajustent la Critique de la raison pure ou le Parménide à leur propos. Et ça n’est pas parce qu’il y a mille façons d’aimer qu’un poème d’amour ne suffit pas. D’ailleurs on sait qu’il n’y a pas mille façons d’aimer. C’est peut-être même parce qu’il n’y en a qu’une et qu’elle se trouve sous le sabot d’un cheval, qu’on se rendra mieux à la chercher qu’à la trouver. La soumission que cherche le poème est bannie de l’écriture. Proche du religieux. De l’hésitation inquiète. L’angoisse décide de l’orée puis sans chemin dans le brouillon, accepte la pleine mer du brouillon pour n’avoir qu’à accueillir le secours ou la mort qui nommera pour elle le silence, sûre d’unique certitude qu’elle est incapable, que sa langue savante de poème est incapable du silence. Alors mieux vaut l’océan pour n’avoir d’autre choix que se mouiller. Et que l’eau du moins soit, avec ses turpitudes de sel. Car ce n’est pas soi, ce n’est pas être que le poème attend mais autre chose, la chose qui ouvrirait taire et qui peut être taire, on ne sait. Passion de chair qui veut dire passion de chair et passion de la parole sous l’autre chose en même temps que chair ouverte à la parole. Qu’est-ce que c’est ? On écrit cependant. On se colle à l’engrenage de distance. Blanchot au bord du poème se tait car tout de même il s’est tu (non par détresse d’écrivain non par triomphe de l’insolence d’homme), par poème, pour se mouiller. Oui tout de même il l’a fait. Il est mort comme un loup.

Savoir quoi que ce soit indiffère la poésie tant l’inquiète la venue. C’est un truc pour paresseux, pour idiots ou pour fidèles. Ce qui est presque dire pour tout le monde, juste pour tout le monde. La poésie est tellement à tous qu’elle n’est plus respectable et voilà ce qui effraye car il faudrait s’y risquer, aller aux putes : lire.

Caroline Sagot-Duvauroux, Köszönöm, éditions José Corti, 2005, p. 113-114.

 

Écrire, c'est se tenir à côté de ce qui se tait
Jean-Louis Giovannoni - extraits de Pas japonais

Croisic
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ah ! j'ai posté trop vite. Je

ah ! j'ai posté trop vite.

Je vais aux putes car je lis !

énormément !

Croisic
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Non ! Cela ne convient

Non ! Cela ne convient pas.

Cela ne suffit pas.

Mais,

faire des bulles,

caresser les pierres et les arbres, 

peindre, créer de la musique,

manger fruits et feuilles,

regarder,

aimer,

s'immerger dans la mer,

ça ne suffit pas non plus.

et... je ne veux pas me taire.

luluberlu
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Alors, bon, désolé, mais je

Alors, bon, désolé, mais je n’y comprends rien. Il doit falloir bac +10 H)pour démêler un tel salmigondis. Je l’ai lu et relu. Rien n’y fait. Qu’est-ce que ça veut dire : " On se colle à l’engrenage de distance." ? On est dans la mécanique ?

Désolé, c’est surement très intelligemment dit, mais je ne lui pas assez pour comprendre.:~

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