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Souvent je pense à vous, à votre fière allure
Lorsque vous arpentiez les rues de ma cité,
J’admirais votre allant, votre légèreté,
Votre élégance aussi, toujours dans la mesure…

 

 

Nous avons fait ensemble un très lointain voyage,
La chaleur m’obligeait à vite vous quitter
Pour bien d’autres plaisirs et pour m’acclimater,
Trouvant au changement un réel avantage…

 

 

Puis, vous n’avez connu de la chambre que l’ombre,
L’abri d’un grand placard, le calme de l’oubli,
Un silence total entre nous s’établit,
Je ne suis pas de ceux que le remords encombre…

 

 

La beauté du pays m’ensorcelait très vite,
Voulant vous retrouver à la fin du séjour,
Avec peine, j’ai su vous perdre pour toujours,
Vous aviez disparu de manière illicite…

 

 

Une autre avait aimé vos vertus évidentes,
En quel pays lointain courez-vous maintenant ?
Sous quels cieux enneigés, ou dans quel continent
Vous porteront vos pas en promenades lentes ?

 

 

J’ai pu vous remplacer, mais je regrette encore
Le plaisir que j’avais à vous utiliser,
Fringants, coquets, vaillants, puis à vous déposer,
Mes petits bottillons, que toujours je déplore.

                                            

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Commentaires

petite fleur
Hors ligne
Inscrit depuis : 20/04/2014
Ah les chaussures quel dilemme

Ah les chaussures ! Il y a celles que l'on aime parce qu'elles sont belles et vont avec le sac ; que l'on achète pour cette raison même si elles font mal. Elles vont se faire aux pieds. Mais elles ne s'y font pas et elles finiront dans le placard avec le sac désormais orphelin et que je ne porterai pas seul. Je connais cela mais c'est tellement plaisant à lire en alexandrins, ce vers de 12 pieds qui se transforme en musique. Je le relirai car je l'ai lu trop vite pour savoir qui était ce "vous" qui n'avait pas connu la lumière.

c'est très agréablement bien écrit. Félicitations

Va où le vent te pousse

Siana
Portrait de Siana
Hors ligne
Inscrit depuis : 11/04/2016
De fidèles serviteurs

qui méritaient bien ce bel hommage tout en alexandrins.
J'aime beaucoup que l'on donne une âme aux choses, et ici cette ode est particulièrement bien écrite.
 

Siana

barzoï (manquant)
Souvent je pense à vous.

Oh Jamijo, c'est tellement joli......

luluberlu
Portrait de luluberlu
Hors ligne
Inscrit depuis : 24/12/2010
Jamijo : « En quel pays

Jamijo : « En quel pays lointain courez-vous maintenant ? »

Croisic
Hors ligne
Inscrit depuis : 26/10/2014
Le titre m'a séduit puis...

Le titre m'a séduite puis... j'ai lu très vite, 

pour connaitre l'identité de ce "vous" !

 

puis... j'ai relu pour le plaisir, la musique.

 

j'aime... beaucoup.

plume bernache
Hors ligne
Inscrit depuis : 09/10/2014
Chaussure à son pied

 

 bonjour jamijo,

 

 S'adresser ainsi à une paire de chaussures, c'est tout à fait original ; et juste.

 en effet on tisse des liens avec elles. Parfois conflictuels…quand elles nous font souffrir, on arrive à les maudire. Mais comme c'est ici le cas, on peut s'y attacher, faire"couple". Vous dites cela avec humour et poésie. J'ai relevé ces vers mélancoliques et doux :

"Puis vous n'avez connu de la chambre que l'ombre

L'abri d'un grand placard, le calme de l'oubli

Un silence total entre nous s'établit"

 

 Désormais, je crois que je vais regarder mes chaussures d'un autre oeil, et en leur compagnie, repartir d'un bon pied !

 

  plume complice

 

RB
Portrait de RB
Hors ligne
Inscrit depuis : 23/09/2014
C'est joli comme tout. Ah les

C'est joli comme tout. Ah les femmes et leurs chaussures....

 

N'y a t il pas une contradiction de logique ici ?

 

"La beauté du pays m’ensorcelait très vite,

 

Voulant vous retrouver à la fin du séjour,"

 

 

Écrire, c'est se tenir à côté de ce qui se tait
Jean-Louis Giovannoni - extraits de Pas japonais

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