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Les rivages ont un destin 

faire face à la mer

 

il s'affine depuis

en myriades de grains

sous le vent

les colères

le temps toujours

 

aux passages des marées

le sable

s'alourdit

 

le rivage

est plage

 

des odeurs

en émanent

au frottis des vagues

 

un univers de mots

houles après l'autre

qui disent

 

tu es l'ourlet

de face

 

en mon destin

 

je n'ai qu'une amarre

ton sable suffit

à l'abri des hurlements du large

 

le rivage

 

 

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Commentaires

RB
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Inscrit depuis : 23/09/2014
Bonjour brume

 

cela fait longtemps... mais une excuse, j'ai beaucoup travaillé.... merci de ta présence !

 

Écrire, c'est se tenir à côté de ce qui se tait
Jean-Louis Giovannoni - extraits de Pas japonais

jfmoods
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Inscrit depuis : 29/09/2014
Au loin du large

Un paysage état d'âme se dessine. La mer, le large, désignent la vie sociale. Les marées, les houles et les vagues représentent le temps qui passe. Le rivage figure la vie intime (glissement de l'article indéfini à l'adjectif possessif en italiques : "un destin", "mon destin"). La plage, avec son sable, entérine les phases de la vie amoureuse (jeu antithétique : "s'affine" / "s'alourdit", météorologie intime : "le vent", "les colères", "le temps"). Le poème souffle la confidence d'un indéfectible attachement à l'aimée (hyperboles suggérant ou entérinant l'abondance du travail d'écriture : "en myriades de grains", "un univers de mots", exaltation des sens : "des odeurs / en émanent", "au frottis des vagues", locution restrictive : "je n'ai qu'une amarre", métaphore imprimant l'image de la finition : "tu es l'ourlet").

Merci pour ce partage !

brume
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Inscrit depuis : 12/10/2014
Un seul mot: sensation. "Tu

Un seul mot: sensation.

 

"Tu es l'ourlet

de face"

 

Quelle belle image! mais c'est exactement ça! direct me vient à l'esprit la houle mousseuse de la vague qui roule et s'enroule sur le rivage.

Chaque métaphores me parlent, m'emmènent avec elles pour goûter à toutes les sensations: auditives, visuelles, odorantes.

Un poème à la fois intense et apaisant.

plume bernache
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Tout me plaît dans ce poème

Tout me plaît dans ce poème :
d'abord son titre, aux sonorités apaisantes :"au loin du large"
la mise en mots,
la mise en page (en plage)
la métaphore du destin
le rythme du ressac…

je relève (entre autres)
"il s'affine depuis
en myriades de grains
sous le vent
les colères
le temps
toujours"

Ici chaque mot entraîne une double évocation : les "grains" de sable mais aussi les colères soudaines du vent, le temps, météo qui a une action importante sur la plage, mais aussi le temps qui passe.

Merci pour ce riche et agréable moment de lecture.

luluberlu
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Inscrit depuis : 24/12/2010
Belle métaphore que celle de

Belle métaphore que celle de la plage pour une déclaration (malgré les houles ou grâce à elles ?angel) :

je n’ai qu’une amarre

ton sable suffit

à l’abri des hurlements du large

 

le rivage

Ma perception s’est « affinée » après plusieurs lectures.

 

tu es l'ourlet

de face

Ça, c'est du cousu main.yes

Bravo maitre ! Un très beau poème.

Pour répondre à Jamijo, après avoir questionné RB : « s’affine » s’accorde avec « destin ».

Jamijo
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au loin du large

Oui, j'ai bien aimé et bien compris ce texte, celà m'étonne d'ailleurs, car c'est si loin de la forme classique. Cependant, il transpire la poésie, par chaque pore (et non port), par chaque mot qui ouvre à l'esprit l'image et la valeur du mot. Bravo pour cette réalisation très poétique, je n'en ferais pas autant. En relisant le texte, je pose une question à l'auteur. Après : les rivages ont un destin..."il s'affine" s'accorde avec "les rivages" ou "destin" ?

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