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Elle vit les phares s’éloigner dans la nuit ; elle était à la fois triste et soulagée, plutôt bien soulagée.

Elle aimait beaucoup voir arriver ses enfants et ses petits enfants mais leurs innombrables questions et gesticulations, leurs incessantes chamailleries finissaient par avoir raison de sa patience et de sa bonne humeur naturelle ; elle se retrouvait rapidement épuisée. Son amie Michèle, dans la même situation, avait trouvé une formule qui se suffisait à elle-même : « les chicoufs » chics ils arrivent, ouf ils repartent !

Cette fois-ci les adorables chérubins avaient cassé une magnifique assiette en porcelaine, souvenir de Limoges, ornée d’une décalcomanie (certifiée résistante au lave-vaisselle) représentant un chat persan (encore un avait grimacé Albert) altièrement posé sur un coussin rose.

Ils s’étaient aussi poursuivis dans le potager, domaine exclusif de son tendre époux, se jetant son tout beau, tout neuf ballon de gymnastique, qui ne servait et ne servirait à rien d’autre qu’à saccager le carré de radis.

En la voyant revenir de chez Décathlon avec cet instrument, Albert avait sifflé d’un ton exaspéré qu’elle était une acheteuse compulsive.

Les gamins avaient inventé des histoires rocambolesques de sanglier traversant le potager et d’un papillon agaçant Mauricette (la chatte persane) qui s’était posé sur le mur et sur l’assiette (ça fait du vide avait pensé Albert avec un sourire).

Il y avait les enfants, mais il y avait aussi son gendre, quel boulet celui-là, mais que pouvait lui trouver sa fille ; toujours « tiré à quatre épingles » dans des costumes de présidentiable, répétant sempiternellement à sa femme : « j’en ai un ? t’en vois un ? », allergique aux poils de chat il était le premier sur qui Mauricette, hésitant juste un peu, sautait dès qu’ils s’installaient à table, enduisant les beaux costumes d’une bourre épaisse, blanche et tenace. Ça, ça l’amusait beaucoup !

Elle feignait de s’offusquer : Albert, tu étais supposé vérifier que Mauricette était bien enfermée sur la véranda.

Mais Albert, s’était déjà éclipsé dans le jardin, ça faisait longtemps qu’il avait abandonné la maison à sa femme, lui laissant le privilège de la décorer comme une bonbonnière encombrée de fioritures, d’objets inutiles et de quatre chats qui passaient leur temps à escalader un immonde arbre en peluche ridicule

Les contraintes ICI

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Commentaires

Escampette
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Inscrit depuis : 20/10/2015
Bonjour,   Alors sans les

Bonjour,

 

Alors sans les contraintes j'ai envie de dire j'en veux plus !

 

Mais vu les contraintes, je dis "c'est pas mal". J'aime beaucoup les chicoufs < excellent !

 

A développer davantage dans une nouvelle plus longue ce serait vraiment sympa car on se plaît bien chez cette grand-mère taquine et dynamique !

 

Merci, 

 

Escampette

K-tas-strof
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Inscrit depuis : 27/06/2014
Un dimanche à la campagne ?!

Une vie de Chicouf, ce qui nous attend, pour les plus chanceux....

Jolie petite histoire là encore. Simple, avec suivi de la contrainte... rien à redire. La phrase de fin toute trouvée avec ces matous.

Le sujet ne m'a pas emballé, un genre trop réaliste d'un état de vie, sans doute. Mais elle est très bien faite, et ça, difficile de le lui enlever.

Du chipotage à la Pepito :

Elle feignait de s’offusquer : Albert, tu étais supposé vérifier que Mauricette était bien enfermée sur la véranda.

pas d'infinitif.... je sais, j'ai galéré aussi pour poser celle-ci.

 

Sympa d'être si nombreux à avoir joué le jeu.

Merci pour cette version

K

 

 

 

K'adore ou K'pitule ... des fois :-)

plume bernache
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coucou la poussière, Tes

coucou la poussière,

Tes chicoufs sont plus vrais que nature…

Mon personnage préféré, c'est quand même Mauricette la chatte qui perd ses poils juste sur le "costar " de ce gendre pas sympa ! Les chats comprennent ces choses- là.

Merci pour cette lecture et tes fameuses "contraintes"qui ont provoqué des textes très variés et amusants.

luluberlu
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@Pepito : pensés corrigé.

@Pepito : pensés corrigé. Bien vu.

Pepito
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Inscrit depuis : 08/12/2013
Chicoufs !

Bonjour La Poussière,

 

Forme : très jolie écriture.

Pour chipoter,
"plutôt bien soulagée" "bien" m'a semblé en trop
"bonbonière encombrée de fioritures"  idem pour "encombrée de fioritures"
"avait pensé(s) Albert" génial, j'ai trouvé une faute... enfin je crois ;-)

 

Fond : délicate description du couple de retraité, la "bonbonnière" me fait invariablement penser à Bacri dans le "Gout des autres".
Je ne connaissais pas les Chicoufs, c'est géniaaaal !! 
Très joli texte.

 

Pepito

L’écriture est la science des ânes (adage populaire)

luluberlu
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Ah ! la ponctuation de La

Ah ! la ponctuation de La poussière ! un poème ! pleasantry

Il va falloir que je leur parle du tiret d’incise (la virgule c'est plus ambigu)en atelier et de la manière de construire une phrase avec ces bidules sans perdre le lecteur en route.

(ça fait du vide avait pensés Albert avec un sourire). fait référence aux innombrables assiettes aux chats de madame.

« mais que pouvait lui trouver sa fille » aurait gagné à être suivi d’un point d’exclamation et interrogation : langage parlé, ce qui n’est pas choquant, ça met de la vie.

brume
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Bonjour la Poussière

Je pense que la contrainte a bien été respecté, rien n'a été oublié. Tendre et jolie petite histoire c'est pleine de vie.

En revanche l'écriture manque de fluidité, j'ai beaucoup trébuché sur certains passages durant ma lecture:

 

Les gamins avaient inventé des histoires rocambolesques de sanglier traversant le potager et d’un papillon agaçant Mauricette (la chatte persane) qui s’était posé sur le mur et sur l’assiette (ça fait du vide avait pensés Albert avec un sourire)

 

La ponctuation est absente, j'aurais vu un point après cette phrase: "qui s'était posé sur le mur et sur l'assiette."

Les parenthèses m'ont gênée et ont cassé la fluidité de ce passage, de plus je trouve les parenthèses inesthétiques dans une nouvelle. Vous pouvez les remplacer par des tirets par exemple: "Mauricette - la chatte persane -" 

Je ne comprends pas pourquoi toute cette phrase "ça fait du vide avait pensé Albert" est entre parenthèse? c'est inutile. Ainsi que "ça fait du vide", je ne comprends pas le rapport de cette pensée avec les histoires rocambolesques des enfants.

 

- "Mais que pouvait lui trouver sa fille"

la formulation sonne bizarre. J'aurais mis simplement "Mais qu'est-ce que sa fille pouvait bien lui trouver", et il manque le point d'interrogation, non?

 

Ce passage-là m'a fait sourire: 

- Son amie Michèle, dans la même situation, avait trouvé une formule qui se suffisait à elle-même : « les chicoufs » chics ils arrivent, ouf ils repartent !

 

J'ai passé malgré tout un bon moment de lecture.

 

 

 

Jamijo
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Amours (Chicoufs)

Bonjour,

 

J'aime beaucoup cette courte histoire, le sujet, le style, les mots simples mais justes. Cette histoire, nous la vivons tous, heureux de voir arriver les petits-enfants, mais soulagés lorsqu'ils repartent et souvent très déçus par leur comportement moderne très égoïste.

 

luluberlu
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Ah ! les chats poilus qui

Ah ! les chats poilus qui grimpent sur vous en vous enfonçant les griffes dans les cuisses.

Finalement, les chats se sont bien joués des contraintes. Juste un peu de poussière et quelques poils sur mon costume Armani. Merci pour l’humour. Comme quoi, malgré les contraintes multiples que tu as imposées, tout le monde s’en est bien tiré (pour l’UTL, mais personne d’autre sur le site ne s’y est frotté. Z'ont les jetons, hé hé ! ou bien ils n'aiment pas les radis).

À peluche (ou à plouche comme dit Pepito).

Au cas où il y aurait des suicidaires, Les contraintes ICI

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