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Rien

un silence

juste un balbutiement

 

et cet imperceptible tremblement des lèvres, accolées en douceur au temps qui passe, ce n’est pas baiser de paix, ce n’est pas murmure contre l’angoisse, pas un rempart contre le désarroi, juste un affleurement, une confluence, une infime tension vitale, un instant dérobé à la mort toujours étale

 

et ce plissement sur le visage où la vie se resserre, pas une douleur, pas une souffrance, pas un effroi, quand les cris au fond de soi s’effondrent, quand sèchent les sueurs des fièvres, et s’évaporent les mirages en nuées jusqu’au ciel des yeux, mais un froissement d’existence à l’approche de ces moments quand tout remonte à l’orée du moi, tout frémissant sur la peau, la conscience en chaque pore, en chaque grain ; quand le monde s’éprouve jusqu’au frisson dans un papillonnement de lumière

 

et cette secousse sur les joues, infinitésimale, onde passagère, pas une frayeur, pas un spasme de douleur, mais une candeur première, originelle, initiale, là où se rencontre le monde au-delà de soi, en cette frontière où finit le moi et commence un vaste dehors, étendue incommensurable, univers sans le moindre rebord, où tout est autre, insondable, si proche et si lointain ; et l’on se sent à peine, vétille, fifrelin de rien, à peine une poussière.

 

5.88
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Commentaires

K-tas-strof
Portrait de K-tas-strof
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Inscrit depuis : 27/06/2014
Louis,Je me sens très pauvre

Louis,

Je me sens très pauvre face à ce texte si riche et généreux. J'en ressens les expressions et le goût, deviens voyeur du plus intime et voyageur d'un pays'age dans un instant de vie.

Mais qu'est-ce donc ?

 

Votre « Trois fois rien » est  un petit bijou

Merci Louis

K'adore ou K'pitule ... des fois :-)

Croisic
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Inscrit depuis : 26/10/2014
Trois fois rien

Trois fois rien, c'est ce que je vais vous dire Louis P.

Juste que votre texte est de ceux qui vous captent dés la première phrase et c'est tellement rare que...

Bref, j'ai infiniment aimé, merci pour ce partage !

Pepito
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Inscrit depuis : 08/12/2013
J'ai adoré l’enchaînement des

J'ai adoré l’enchaînement des mots, l'impression d’être poussé, tiré, emporté comme une feuille au vent. Vraiment très joli.

 
Pour le fond j'avoue ne pas être sur d'avoir tout saisi, mais cela n'a pas d'importance. La bourrasque m'a emporté et le voyage suffit à mon plaisir. 

L’écriture est la science des ânes (adage populaire)

Louis P.
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Inscrit depuis : 12/10/2014
Chaleureux mercis à vous,

Chaleureux mercis à vous, A.Nonyme, Plume, Tinuviel, Brume, RB, Luluberlu, pour avoir partagés ce moment particulier que tente d'évoquer ce texte.

A.Nonyme
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Inscrit depuis : 12/10/2014
    Quelle belle fin du

    Quelle belle fin du voyage!... Douceur... Tendresse... Sérénité... Poésie de cet instant unique, total don de soi à la Vie !

         Merci

plume bernache
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Inscrit depuis : 09/10/2014
   Que de sérénité dans ce

 

  Que de sérénité dans ce "trois fois rien"!

Ce "froissement d'existence"m'évoque à la fois une douce fin et une naissance vers ce "vaste dehors sans le moindre rebord"... 

 Voilà un texte qui fait  beaucoup de bien...Merci Louis.P

Tinuviel
Portrait de Tinuviel
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Inscrit depuis : 26/01/2011
Comment réussir à dire

Comment réussir à dire l'indicible...

 

Ce texte est d'une douceur infinie, et s'envole avec une légèreté d'hirondelle vers le ciel de la poésie.

C'est une caresse pour l'âme.

 

Merci pour cet instant

RB
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Inscrit depuis : 23/09/2014
simplement

EBLOUISSANT

 

INFINIMENT MERCI

Écrire, c'est se tenir à côté de ce qui se tait
Jean-Louis Giovannoni - extraits de Pas japonais

brume
Portrait de brume
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Inscrit depuis : 12/10/2014
Bonjour,  Un instant si

Bonjour, 

Un instant si paisible mais pas que...

Un instant unique, divin.

C'est infiniment délicat

Une merveille.

luluberlu
Portrait de luluberlu
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Inscrit depuis : 24/12/2010
Il est des textes qui font du

Il est des textes qui font du bruit quand on les lit, d’autres qui chuchotent, confluent, disent des « trois fois rien », affleurent au lointain (si proche), à ce que l’humain enfoui aux tréfonds de sa conscience, à cette pensée diffuse repoussée sans cesse d’une fin qui lui permet de se sentir exister, d’être présent à lui-même, qui s’oppose à la puissance de choix dont l’être vivant dispose, l’invention et la liberté, et que seule la mort peut nous ôter en nous consentant un dernier souffle, cette infime tension vitale et fatale à la fois.

Merci pour ce beau texte (qui n'est pas fifrelin smiley).

 

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