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Nous avions les mots.

Tant.

 

Ils se sont arrachés.

 

Votre silence résonne.

Il y a quelques minutes à peine.

 

 

Je dis ici une furtive page d'octobre.

Et m'arpente au-dedans.

Homme fouillé d'automne

comme une feuille rousse chute d'un livre ajourné.

 

Un périple qui musarde entre abandon et calligraphie.

 

Je suis un embarras.

En somme.

À m'écrire sans vivre.

Là où je vous vois.

 

J'écris.

D'où ma vérité nue se pare encore mille fois d'émois.

Les dissimule.

 

Assourdissant.

Mais je m'accuse.

 

Libre.

Estropié.

Exubérant.

 

Surgi.

 

Mon avenir est dans les corsages du monde.

 

Et la mélancolie des êtres seuls

racontée sans article.

 

Amputée.

 

J'en suis. Définitif.

Bousculé.

 

Glaise-toi et -il le faut- être lu.

De ce terreau mouillé de sublime qui n'a pas de lieu.

Juste une aspiration à l'extase.

 

Surgie.

 

Consume sans décrier,

sans boue, bonté divine, ce privilège.

 

J'encorde mes tourbillons.

 

J'ai encore le sourcil noir de mes vingt ans.

 

Mes idoles verbales sont extraites.

 

La plus intime de mes missives

lave la plaie de ce que je ressens.

 

Une feuille rousse chute sous le banc d'un parc

où nul  n'envisage de repos.

 

Un siège

sans silence à rompre

dans l'utile isolement.

 

Cet ailleurs indestructible

malgré son apparente fragilité de marche claudicante.

 

Une trace futile.

Fondante.

 

D'une extravagante lucidité.

 

Je deviens inachevé.

 

 

 

 

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Commentaires

brume
Portrait de brume
Hors ligne
Inscrit depuis : 12/10/2014
Bonjour RB

J'ai beau relire ton magnifique poème et je n'arrive pas à trouver les mots, un commentaire constructif.

Il y a des poèmes qui procurent cela qui est que seul le ressenti s'exprime, l'intellect est mis sous silence.

Chaque lignes, chaque vers, me caressent de par leur troublante mélancolie. C'est l'intense émotion qui me prends dans ses bras et me balade de vers en vers.

la poussière
Hors ligne
Inscrit depuis : 25/01/2013
non,pas de commentaire, dire

non,pas de commentaire, dire simplement que ces phrases belles, profondes, m'écorchent, je vous souhaite que l'écriture de ces purs écrits vous sortent de ce puits. Puisse ma réponse vous tendre un fil.... sans prétention aucune.

Tinuviel
Portrait de Tinuviel
Hors ligne
Inscrit depuis : 26/01/2011
Je ne saurais commenter

Je ne saurais commenter "intelligemment" ce poème, ni faire un décorticage en règle... impossible pour moi pour le moment.

En fait je suis bouleversée par ce texte. Beaucoup, trop. Je l'ai relu plusieurs fois, et il claque dans mon ciel comme un coup de tonnerre. Certains écrits vous remuent comme ça, comme la gifle glaciale d'une vague furieuse, et vous restez là à essayer de reprendre votre souffle. C'est le cas pour moi ici.

La poésie se doit de toucher à l'intime, de toucher profond, là où les mots ont normalement du mal à naître autour d'un ressenti. C'est en ça qu'elle peut nous bouleverser en écho à nos marées intérieures. C'est là qu'elle prend tout son sens, qu'elle vit, qu'elle vibre.

 

Je ne sais pas si je dois dire merci pour ce texte, ou bien "stop, n'en jetez plus", mais en tout cas on est loin de l'indifférence :-)

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