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Inspiré d'un tableau de Messagio : ICI

Elles fusent dans l’espace comme des lames venues de nulle part,

À fendre la quiétude à peine posée, un matin d’une guerre étouffée,

Laissant dans leurs sillages des déchirures,

Des ondes en remous, des éclaboussures,

Sous couvert d’apparences cristallines et frêles, elles mêlent le sang,

Violent les larmes dans le trouble de la souffrance et de la paix.

Elles tracent dans un silence de façade jusqu’à accoster,

Cogner nos envies et nos rêves à la réalité, elles sont là, passagères,

Nos peurs.

 

 

5.04
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Commentaires

Louis P.
Hors ligne
Inscrit depuis : 12/10/2014
  Le tableau est perçu

 

Le tableau est perçu expressionniste  : il exprime des peurs.

Celles-ci se manifestent dans un mouvement violent : « elles fusent dans l'espace comme des lames». Elles surgissent brusquement, « venues de nulle part », sans que l'on sache d'où elles viennent précisément. Sans savoir ce qui les fait naître, elles sont là, tout à coup, blessantes, et la comparaison avec les « lames » évoque, en effet, des pointes acérées, des côtés tranchants et coupants. Les peurs, comme des lames effilées, pénètrent les corps. Douloureuses, elles affaiblissent, coupent les énergies, ôtent toute force, privent de courage, elles paralysent.

 

Outre les entailles dans la puissance de vivre, les lames de peur coupent, fendent : « à fendre la quiétude à peine posée ». Elles saccagent la paix intérieure qui se cherche ; brisent la tranquillité d'esprit attendue, « un matin d'une guerre étouffée ». Le conflit intérieur, la « guerre », que l'on veut calmer, laisse place aux peurs ; un trouble remplace un autre, et rien ne s'apaise. Dans « leurs sillages », elles laissent « déchirures », « remous », « éclaboussures », et nulle sérénité, les lames de fond.

 

Sous des apparences pures, « cristallines », les peurs apportent troubles et confusions, « mêlent le sang », mêlent « la souffrance et la paix ». Le lames de la peur « violent » les larmes.

Elles nous secouent, elles nous remuent, et « cognent nos envies et nos rêves à la réalité », elles naissent de la crainte de ce choc, où les rêves peuvent se briser, de la crainte que les désirs ne deviennent jamais réalité.

 

Dans ce poème émouvant, la vie intérieure avec ses craintes est projetée sur la toile du peintre. Peut-être permettra-t-elle une catharsis. Peut-être trouvera-t-elle à s'apaiser dans la beauté de l’œuvre, et celle du peintre, et celle du poète.

K-tas-strof
Portrait de K-tas-strof
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Inscrit depuis : 27/06/2014
Merci @ Vous

chVlu :

Ma prof de français de 3ème me reprochait déjà mes phrases interminables. Gggrrr ce point....... je ne m'en rends pas compte, pas à ce point :)  Probablement à la recherche de l'histoire sans fin...... qui sait ?!

Quant au tableau, il m'a fait l'effet de griffes qui déchireraient la toile, et puis j'ai vu ce qui me déchirait moi :(

Des couleurs chaudes et froides, de l'harmonie malgré la brutalité des coups de couteaux m'ont parlé de contradiction et d'oppositions. Des paradoxes indissociables de ce qui est et de ce qu'on voit par projection de soi ; et ce qui m'anime en regardant ces teintes vives mais pas gaies.

Quant au « Cogner » je l'explique par la brutalité parfois de cette peur qui nous tombe dessus, soudainement, comme un rocher au milieu d'un lac et sur lequel viendrait se fracasser un bateau qui ne l'aurait pas vu.

Après, j'ai essayé de jouer le jeu sur la durée de réalisation (37mn exactement) pur jus !

Aussi, suis contente du résultat, même boiteux, et d'autant plus qu'il n'a rebuté personne jusque là.

 

Luluberlu :

La ponctuation par la virgule, j'avoue que sans, je ne sais pas si je saurai écrire. Quant au genre « noir c'est noir » il est vrai qu'il fait facilement résonner tout ce qu'on a tendance à garder bien caché par pudeur, par peur de faire peur et/ou pour mieux avancer.

Il arrive que la tentation de pouvoir évacuer un peu est grande ; se dire qu'on est humain de partager sa sensibilité.

… Et suis d'accord pour le ; après réalité :)

 

Plume :

Afin de ne subir aucune influence, j'ai posé mes maux avant de lire les mots de ceux qui se sont prêtés au jeu.

J'ai trouvé très amusant ces termes employés, coupants chacun de leur coté mais avec des outils différents... en une 1/2h, je trouve que ce qu'on a fait est très honorable. Je n'ai rien trouvé de raté concernant votre poème, même si l'effet n'est pas à la hauteur que vous auriez souhaité. Je l'ai trouvé très original et il méritait ce coté « patriote » malgré lui, puisque par obligation (vous dites). Il montre aussi que vous avez ce regard sur l'autre au passé. Moi j'ai un regard sur moi au présent.

Des traits de caractères, une personnalité, une vision. Tous ces textes révèlent quelque chose en plus de l'expression sur un court moment. Je n'en rougis pas, je dis : ENCORE !!!

 

Brume :

Quand j'ai lu la contrainte du petit « jeu », j'ai compris que je n'aurai pas le temps de trop d'imagination, ni de broder... Dans ces cas là, faire simple est ce qu'il y a de plus judicieux. Pour le reste, j'ai fait appel à ce que je connaissais le mieux... alors je suis très contente de l'effet général.

Aussi, un grand merci de vos compliments !

 

Merci @ vous

K

K'adore ou K'pitule ... des fois :-)

brume
Portrait de brume
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Inscrit depuis : 12/10/2014
Bonjour K-Tas-trof

Sombre, mais vu le tableau il ne peut inspirer un thème qui respire la joie de vivre.

J'aime beaucoup le rythme, le placement de la ponctuation offre une belle tonalité. 

Un poème qui évite le côté photographique conté sur un ton grave, au contraire, vous nous contez une histoire précis sur ce sentiment avec force et simplicité.

plume bernache
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Inscrit depuis : 09/10/2014
   Inspiration commune en

 

  Inspiration commune en effet. A partir d'un tableau dont le thème n'appelait pas forcément à ce genre d'évocation.

J'ai bien aimé votre deuxième vers(sans le point bien sûr)dont le rythme et le choix des mots tracent le sillage des lames dans l'espace.

Les trois derniers vers conduisent vers une chute inattendue et intéressante sur nos peurs...passagères.

 

  Quant à mon texte "Mirage en rose", je ne l'ai pas voulu patriotique. Au contraire. Ces malheureux combattants étaient obligés à cette violence. Dérision de l'ordre"feu à volonté"...Avaient-ils le choix? Pour absolution, le drapeau "Bleu blanc Sang".

Mais je crois que j'ai raté mes effets . Le second degré est difficile à mettre en texte.

  Amicalement plume.

luluberlu
Portrait de luluberlu
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Inscrit depuis : 24/12/2010
Refuser le point ? Que nenni.

Refuser le point ? Que nenni. Le texte est bien ponctué, hormis ici :

« Cogner nos envies et nos rêves à la réalité, elles sont là, passagères, »

J’aurais plutôt vu un ; après réalité.

Détail tout de même. Poème métaphorique (mais c’était tout de même l’un des enjeux) très expressif. Je constate une similitude d’approches entre plusieurs auteurs : le noir vous inspire, mesdames. Serait-ce parce qu’il amincit la silhouette 0:). Violence également. Rien de paisible dans ce tableau, sauf après la bataille. Bravo.

chVlu
Portrait de chVlu
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Inscrit depuis : 23/06/2014
J'ai bien aimé l'effet

J'ai bien aimé l'effet d'ensemble, la lecture toute personnelle, comme une projection intime sur la toile.

 

Mais, argggg, je retrouve ici ta tendance naturelle à refuser le point... Surement dans la contrainte du temps ta peur naturelle du point et de ce qu'il représente qui s'est exprimée.

"Laissant dans leurs sillages des déchirures,

Des ondes en remous, des éclaboussures,

Sous couvert d’apparences cristallines et frêles, elles mêlent le sang,

Violent les larmes dans le trouble de la souffrance et de la paix."

 

Au point j'ai du faire une pause pour retrouver un semblant de souffle et du coup mon cerveau mal oxygéné avait du mal à décoder le sens. J'en avais même perdu le sujet violeur....

 

Toutefois j'ai bien aimé

la quiétude du matin de guerre etouffée...

les déchirurres dans les sillages

les traces dans le silence de façade

 

L'idée des rêves et des réalités qui s'entrechoquent sous l'effet troublant de la peur. Pourtant j'ai un petit soucis avec le l'infinitif de Cogner qui me parait extraterrestre dans la phrase.

 

 

En résumé j'ai trouvé des images, nées d'une image, puissantes et je regrette que la contrainte du temps ne t'ai pas permis de paufiner l'emballage!

 

 

Sören Kierkegaard (1813-1855), Ce n'est pas le chemin qui est difficile, c'est le difficile qui est le chemin

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