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Inspiré d'un tableau de Messagio : ICI

Quelles sont ces hordes d’animaux cornus inquiétants qui sortent des abysses et s’avancent vers nous en soulevant des algues bleues, oranges et jaunes ?

Ce bleu foncé et ce noir presque pur accentuent aussi la profondeur de nos angoisses. Ce ne sont pas ces quelques lignes verticales grêles, faméliques et tordues qui vont arrêter la puissance maléfique de ces bêtes menaçantes.

Ces pointes qui griffent le regard nous mettent mal à l’aise et nous cernent. Nous ressentons déjà la piqure dans nos chairs. Il faut se dépêcher de fuir là-bas, tout au fond, vers la lumière d’opale et de brume. Pâleur et flou d’un rêve peut-être inaccessible... Comment franchir l’obstacle cornu ? Il n’y a pas d’espace, pas de fuite possible. On reste là bloqué, devant, et l’angoisse qui monte... le temps presse...

Il faut devenir ange ou oiseau, s’élever vers ce ciel de craie et d’eau qui n’est peut-être qu’illusion dans la fragilité de son évanescence...

Il n’y a pas de lumière dans ce cauchemar. Les couleurs franches et complémentaires, bleu, orange et jaune annoncent une violence imminente. La proportion des grands aplats de noir est obsédante, agresse l’harmonie d’ensemble et crée une inquiétude discordante. On ne peut flâner dans un tel tableau... Où sont nos chers impressionnistes, l’équilibre serein de leurs proportions pigmentaires et l’abomination du noir ?...

On rêve que toutes les pointes si aiguës du premier plan en déchirent la toile et nous offrent enfin l’ouverture...

 

5.04
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Commentaires

barzoï (manquant)
message cauchemardesque

Ce bleu foncé

Ces pointes qui griffent

D'une ligne à l'autre cela fait CE-CES

Les pointes qui griffes n'est-ce pas mieux ?

Le ressenti devant le tableau est explicite, merci.

chVlu
Portrait de chVlu
Hors ligne
Inscrit depuis : 23/06/2014
Le parti pris d'une visite

Le parti pris d'une visite guidée de la toile est au final un choix original.

 

Il est conduit sous une apparente objectivité de façon trés sensible et ça m'a plut.

Les il, on et nous qui tendent à donner une uiversalité au regard que le narrateur pose sur le tableau m'ont gratouillé...Surement mon coté rebelle pour certain, penseur libre pour moi, qui ne veut pas suivre un chemin balisé...

 

Dans ce parti pris descriptif la contrainte de ne pas faire de référence claire aux éléments matériels du tableau est respecté sans que celà ne devienne pataud ou lourd...

 

Au final j'ai apprécié le travail d'"écripture" même si le texte ne m'a pas transporté.

 

Sören Kierkegaard (1813-1855), Ce n'est pas le chemin qui est difficile, c'est le difficile qui est le chemin

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